jeudi 31 décembre 2009

SCUDS#11 : le Superscuds (chargeeeeeez !)



Et voilà... 1h35 de montage final... Simon et Lionnel Astier en guest stars... trois caméras... des micro-cravates... un cadre exceptionnel... Fouyayaaaa qu'est ce qu'il défouraille ce Superscuds !

Et au programme :
- Hero Corp, saisons 1 et 2 : interview du clan Astier
- Avatar : la révolution a-t-elle vraiment eu lieu ?
- Le relief au cinéma : plein la vue ou poudre aux yeux ?

On a fait de notre mieux, avec comme d'hab' des qualités et des... heu ben des qualités... et franchement des Scuds comme celui là, on en refera pas tous les mois ! J'espère donc qu'il vous plaira ou sinon il vous en cuira. Rime, en effet. N'hésitez pas à poster quelques commentaires par ici... de préférence élogieux merci bien (ouais bon évidemment y a aussi le forum NoWatch.tv, hein, c'est tellement plus tendance).

Je reblogue ce week end, promis. Y a du lourd à venir avec enfin mon avis sur Big Bang Theory. Oui je sais personne ne me l'a demandé mais je vais le donner quand même. Bon réveillon, planète hurlante !

End of transmission...

vendredi 18 décembre 2009

Iron Man 2 : le teaser sans faute.




Les aminches ! Bravant la bise, la froidure et une foutue crève accrochée à ma trachée, j'ai rejoint cet aprèm' mes potos Jérome et Arnaud pour l'enregistrement de Scuds #11, enfin !

Va falloir être patients avant de le découvrir, on fait le max mais because les fêtes, on ne peut pas garantir la date de précise de mise en ligne. Surtout que celui là va être vraiment... spécial !

Mais foin de digressions foireuses. Avant d'aborder dans mon post suivant une bien triste info (Dan O'Bannon est mort, a-t-on appris aujourd'hui. Vous ne voyez pas qui c'est ? Je m'en vais vous rafraîchir la mémoire toutal'...), voici de quoi nous donner du courage pour affronter la nuit de l'hiver et des nouvelles de merde : le teaser tout chaud de Iron Man 2.

C'est bien simple : ce teaser est un sans-faute et me colle une matraque monumentale. Je prie le ciel pour que Jon Favreau réussisse un film encore meilleur que le premier volet, mais en attendant dégustons cette petite perle de 2'30 qui a tout ce qu'il faut là où il faut : Robert Downey Jr au top de son panache, Shoot to thrill de AC/DC en intro, Samuel Jackson back en Nick Fury, Scarlett Johansson en Veuve noire a priori crédible malgré la brièveté des plans, Mickey Rourke en Whiplash certes sensiblement relooké mais j'ai trop kiffé son "we come from a family of thieves and butchers..." en roulant légèrement les "R".

Et surtout, top du top de ce teaser vraiment réussi... un motherfucking plan final orgasmiquissimesque de Stark/Iron Man et Rhodey/War Machine ensemble, dégommant à coup de répulso-rayons une armée d'autres War machines. Dantesque !

Il va paraître bien long le temps, jusqu'au 28 avril...

End of tranmission...


mercredi 16 décembre 2009

Inception : première affiche



Hé oui les mecs, Avatar c'est déjà du passé (je déconne ho lala, repose moi cette fourche toi) !

Matez moi cette belle affiche d'Inception, le nouveau film à venir de Christopher Nolan, mise en ligne sur le site officiel...

Certes, comme le fait remarquer l'excelllllent site AICN, le visuel ressemble fichtrement à celui de Dark Knight mais who gives a shit ?

Le casting de ce thriller futuriste dont on ne sait pratiquement rien à ce jour : Leonardo diCaprio (ouah), Ken Watanabe (waouh !), Cilian Murphy (youpiii !), Tom Berenger (Hourraaaah !), Michael Caine (Santa Maria Felicidad Alleluiaaaah !!!).... et Marion Cotillard (ha merde... bon tant pis).

Ca sort le 4 août chez nous. Juste pour le plaisir, même si on n'y comprend pas grand chose, voici un petit rappel du teaser que je trouve personnellement très excitant. Nan ?




End of transmission...

dimanche 13 décembre 2009

Avatar : un Na'vi contrasté.




Hey again, amigos aminchos... Sans plus attendre, voilà ma review d'Avatar.

Attention : quelques légers spoilers sur l'intrigue et les personnages.

En tout état de cause, je sais que vous irez voir ce film et vous aurez raison car, malgré mes réserves, le voyage en vaut la peine.



AVATAR : CAMERON RETOMBE EN ENFANCE

Je vénère James Cameron. Malgré leurs imperfections, tous ses films entre Terminator et Titanic ont bouleversé mon expérience d'amoureux du septième art. Gravé dans ma mémoire d'indélébiles visions épiques. Stocké dans mes tripes d'inoubliables décharges d'adrénaline, via d'implacables bijoux de mise en scène insensibles à l'usure du temps. La première fusillade dans le night club "Le tech-noir" de Terminator. Le corps à corps mécanique final entre Ripley et la reine mère d'Aliens. Le bouche à bouche interminable et désespéré de Bud pour sauver son ex-femme Lindsay après sa noyade, dans le silence glaçant de la station Deepcore de The Abyss. La course poursuite entre le T800 en moto et le T1000 au volant d'un 33 tonnes dans Terminator 2. Pratiquement toutes les scènes d'action de True Lies, du jamais vu à l'époque. Enfin, la traumatisante inclinaison verticale du Titanic, ses figurants hurlant dans le vide, avant la plongée finale dans les ténèbres de l'Atlantique.
Pour tous ces moments précieux dans une vie de cinéphile, je place encore aujourd'hui Cameron au Panthéon de mes cinéastes préférés. Un Stanley Kubrick de l'entertainment, dont chaque film plie les normes visuelles et technologiques aux nécessités de son intrigue.


Il y a pourtant un os, que vous connaissez forcément si vous suivez le maestro depuis ses débuts : le cinéma de James Cameron est schizophrène. A côté du général d'armée capable de déclencher l'enfer sur terre, mer et dans le ciel, coexiste un grand romantique ultra fleur bleue, pas toujours très adroit, voire balourd, dans l'expression de son moi sensible. L'attendrissement ostentatoire, dans Aliens, de Ripley pour la petite Newt (des baffes, ouais !) crispe plus qu'il ne nous touche. Les moments de "complicité" entre le T-800 et John Connor dans T2 restent d'insupportables purges mielleuses. Le final au merveilleux spielbergien grossier de The Abyss prive le film d'accéder au statut de chef-d'oeuvre qu'il touchait pourtant du doigt. Et avec Titanic, la face sentimentaliste du réalisateur semblait l'emporter sur ses ardeurs guerrières.

Avatar, spectacle total à l'immersivité conforme aux attentes, confirme hélas parallèlement la victoire de la tendance "grand bleu" de Big Jim au détriment du "tech-noir". Pas étonnant si l'on se rappelle que Cameron est un fan déclaré du nanar dauphinois de Luc Besson. A plus d'une reprise pendant les 2h41 de projection d'Avatar, j'ai pensé à notre gros Luc national, ainsi qu'à George Lucas pour les inévitables comparaisons entre le film et la saga Star Wars. Pourquoi Besson ? Rappel du pitch.

Dans Avatar, l'ex-Marine devenu paraplégique Jake Sully ronge son frein (c'est une image, pas celui de son fauteuil). En 2154, la science pourrait tout à fait le guérir, mais il n'a pas les moyens d'une telle opération. Lorsque son frère jumeau scientifique meurt assassiné, Jake se voit alors proposer de le remplacer au sein du programme génético-spatial baptisé Avatar. Financé par un puissant consortium (surnommé "La Compagnie"... la même qu'Alien ? :-)), Avatar a pour but de faciliter le rapprochement entre les humains et le peuple extra-terrestre Na'vi, vivant sur Pandora, lune hostile d'une planète gazeuse située à 4,4 millions d'années lumière de la Terre.

Concrètement, le programme consiste à créer, à partir d'une combinaison d'ADN humain/Na'vi, des clones de ces aliens géants et d'y "transférer" l'esprit des humains testeurs. Le but de la Resources Development Administration (le consortium en question) est avant tout d'infiltrer les Na'vi pour mieux pouvoir exploiter les précieuses réserves d'Unoptanium de Pandora, un minerai vital pour la survie d'une Terre en pleine crise énergétique. Après un premier contact accidentel avec la chasseuse autochtone Neytiri, qui lui sauve la vie, Jake, sous sa forme Na'vi, va intégrer ce peuple de chasseurs aux origines pluri-millénaires. Et, peu à peu, prendre fait et cause pour eux contre ses semblables.


L'histoire d'Avatar, nous la connaissions tous depuis cet été, ainsi que ses relents familiers des épopées Pocahontas et Danse avec les loups. Première (relative) déception : exit l'effet de surprise, c'est exactement ce que le film entier nous réserve. Pas de twist décapant, pas de retournement imprévu : Jake Sully suit un cheminement identique à ceux du Lieutenant Dunbar ou du Capitaine Smith, au terme d'une intrigue au tracé bien linéaire. A ce titre, Avatar s'inscrit dans la longue (et noble) lignée du pardon cinématographique demandé par les Etats-Unis au peuple des "native americans" depuis Little Big Man, jusqu'à Danse avec les loups en passant par Coeur de tonnerre ou Le Nouveau monde. La thématique un poil démago de la puissante armée d'oppresseurs défiée par un peuple autochtone oppressé ne manquera d'ailleurs pas de susciter ici et là d'abusives interprétations hors de propos - il fallait voir la mine consternée de James Cameron lorsque, durant la conférence de presse parisienne de l'équipe le 7 décembre dernier, un journaliste a dressé un parallèle entre l'histoire d'Avatar et la situation en Afghanistan. Portnawak.

Il faut davantage voir en Avatar le double reflet d'une métaphore de la tragédie indienne ainsi qu'un message écologique fort (et tendance) adressé au monde via cette grande évasion SF. Une idée de scénario particulièrement intelligente et originale (non je ne dis rien, promis), illustre d'ailleurs fort bien la dimension "save the planet" du film. Mais c'est aussi en cela que l'ombre du simplisme "bessonien" plane en permanence sur ce magnifique opéra son et lumière. A l'image du scénario, chacun des personnages principaux reste taillé dans le marbre de stéréotypes qui jamais ne sont dépassés. Les militaires sont une belle bande de salopards sans scrupule, insensibles au sort des Na'vi et de Pandora - à l'exception de la pilote d'hélico jouée par Michelle Rodriguez. Le toujours impeccable Giovanni Ribisi campe la même petite ordure de rond-de-cuir à la solde de la Compagnie qu'incarnait avant lui Paul Reiser dans Aliens. Sigourney Weaver, actrice fétiche des geeks et figure clé de la filmo de Cameron, suit la feuille de route classique de la scientifique au grand coeur. Jake Sully, (Sam "j'ai explosé en 2009" Worthington) est prévisible jusqu'au bout de ses décisions finales et côté Na'vi, l'amazone Neytiri, sauvage et belle, ne nous surprend guère plus dans les archétypes de sa relation avec Jake. Heureusement que Zoe Saldana insuffle un réel relief à ce personnage de synthèse, qui éclipse d'ailleurs le reste des Na'vi. Avis aux fans de The Shield : si les traits de la matriarche Mo'at vous paraissent familier, c'est normal, c'est CCH Pounder (alias notre bonne vieille Claudette Wimms dans la défunte série de FX) qui l'incarne sous l'artifice du performance capture.



Le résultat regrettable de cette toile trop familière - et encore je passe sur les nombreux recyclages du production design d'Aliens - et de ces personnages uni-dimensionnels est qu'à aucun moment Avatar ne m'a touché. Ni rire, ni larmes, ni réelle empathie ou palpitation pour les protagonistes, humains ou Na'vi, d'autant que l'omniprésence de la musique flute de pan/ushuaiesque de James Horner vous carabine sans relâche les tympans d'un miel bien sirupeux.

Voilà pour le fond et l'émotion. Cela ne signifie pas pour autant qu'à mes yeux, James Cameron ait raté Avatar. Comme je l'ai souligné, le spectacle est dantesque, même si je n'ai pas eu l'impression non plus d'être propulsé dans une ère nouvelle. Je ne saurais dire pourquoi... peut-être n'aurais je pas dû voir les 20 minutes montrées à la presse en octobre dernier, qui défloraient une bonne partie du monde d'Avatar. Toujours est-il que les images que vous allez voir relèvent sans appel du jamais vu et vous plongent dans un "ailleurs" comme aucun film ne l'avait plus fait depuis la trilogie du Seigneur des anneaux. Cameron a d'ailleurs souvent précisé que c'est la vision de Gollum dans Les Deux Tours, en 2002, qui l'a convaincu de la faisabilité de son projet Avatar, qu'il portait en lui déjà depuis de nombreuses années.

Je n'ose imaginer l'invraisemblable somme de calculs informatiques et la colossale technologie mobilisée par notre Napoléon de la pelloche pour mener à bien sa machine de guerre. Je lis dans le dossier de presse que plus d'un millier de téraoctets de données informatiques a été nécessaire pour Avatar, soit environ 500 fois plus que pour Titanic et son mirifique naufrage de synthèse. Les nouvelles technologies inventées pour Avatar (la camera Fusion, la performance capture...) mériteraient à elles seules un bouquin en deux tomes. Mais à l'écran, ne subsiste qu'une indescriptible beauté. J'ai particulièrement trippé le plan d'ouverture sur l'immense vaisseau spatial convoyant Jake sur Pandora - frustrant, on le voit peu. Mais la faune et la flore de Pandora se taillent la part du spectacle. Sol photo-réactif s'illuminant à chaque pas d'Avatar-Jake et Neytiri dans la nuit de Pandora, montagnes flottantes, arbres-monstres en symbiose avec la planète, bestiaire effrayant, majestueux ou poétique... L'immersion est d'autant plus totale qu'en orfèvre des effets visuels, Cameron rend rigoureusement impossible à distinguer la frontière entre prises de vues réelles et images de synthèse. Symbiose sans faille. Même remarque pour le photoréalisme des Na'vi, dont l'allure et l'interaction avec les humains ne sombrent pas le ridicule redouté par les sceptiques des premiers trailers.

Quand à la vision en relief, n'étant pas un spécialiste tech, je me contenterai, pour le moment, de dire que passé les premières minutes d'émerveillement/curiosité, l'oeil s'y habitue très vite et que son expérimentation passe rapidement au second plan. En revanche, ces foutues lunettes sont toujours aussi lourdes à porter sur le tarin...

Le rythme de l'histoire ne faiblit par ailleurs quasiment jamais et, dans la dernière demi heure de bataille entre humains et Na'vi, Cameron donne une pure leçon de clarté kinétique aux tâcherons de l'action post-Jason Bourne. Imprégné de l'amour déclaré du réalisateur pour les anime japonais (Battle angel Alita coming next...), ce dernier acte et son impressionnante quincaillerie guerrière dépote sans pitié même si, film familial oblige, presque aucune goutte de sang n'est versée. Petite réserve : l'abus de ralentis matrixiens, tirant un poil trop Avatar vers une cinématique de jeux vidéos.

Au final, ai-je aimé ou pas Avatar ? La réponse est oui, forcément et d'ailleurs, je compte retourner le voir en Imax à Disneyland. Avatar est clairement un film dont on ne saisit pas forcément tout l'impact lors d'une première projection. Certains le comparent déjà à Star Wars, idée justifiée puisque, non seulement une trilogie est d'ores et déjà envisagée, mais le simplisme mythologique du blockbuster de Cameron partage de nombreux points communs avec le film séminal de Lucas (ainsi que le même studio, à savoir la Fox). Mes yeux ont étreint sans réserve Avatar, mais mon coeur ne l'a pas embrassé et je ne puis donc crier au chef-d'oeuvre. J'ai eu l'impression d'admirer une sublime construction, mais mes glandes lacrymales et mes tripes sont restées atones. Peut-être fallait-il vivre cette expérience cinématographique (car Avatar en est une) non pas avec le cynisme de mes 38 ans, mais avec une âme d'enfant. Et si j'avais perdu la mienne ?

End of transmission...

Avatar, de James Cameron. Avec : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang. Durée : 2h41. Sortie nationale le 16 décembre.

PS :
Petit bonus : un flash info Scuds tout chaud sur Avatar, avec les avis de mes camarades Arnaud et Jérôme qui eux défendent chaleureusement le film ! Petit en-cas avant un débat plus développé dans le prochain Scuds#11. Heu et oui, c'est tourné chez moi !






jeudi 10 décembre 2009

John Malkovich alias Le Vautour dans Spider-Man 4 ?



John Malkovitch a toujours rêvé d'incarner un volatile.
La preuve avec ce cliché.



Guten morgen mein geeken freuden, Plissken sprechen...

C'est le site Movieline qui lâche la bombe, citant des "sources proches de la production". John Malkovich figurerait au générique de Spider Man 4 dans le rôle du Vautour. Ca me parait à peu près aussi surréaliste que d'apprendre l'enrôlement de Mimi Mathy chez les Suicide girls, mais pourquoi pas... Pour les novices, Le Vautour (The Vulture dans la langue de Peter Parker) est l'un des plus anciens ennemis de Spider Man. Apparu dés le numéro #2 de la revue Amazing Spider Man (mai 1963), le premier Vautour (il y en eut d'autres depuis si je ne m'abuse, hein les experts ?) se nommait Adrian Toomes. Sa tenue, un justaucorps vert émeraude du plus bel effet, était équipée d'un harnais électromagnétique volant et d'une paire d'ailes dorsales géantes (vertes aussi). Comme vous pouvez le voir, la tenue a bien évolué depuis, mais j'avoue que je suis un peu largué sur la question.

Mon plus gros souvenir de lecteur remonte à Strange 106 (octobre 1978, ha ben oui ça ne nous rajeunit pas tout ça), quand cette crevure s'en était pris directement à Mary Jane Watson en la kidnappant sur le campus, juste après que MJ ait été témoin du meurtre d'une innocente par le vilain volatile. C'était deux épisodes après la mort de Gwen Stacy et forcément, Peter Parker et moi-même étions encore sous le choc. Mais je m'égare, revenons à Spidey 4.

Concernant le rôle de Felicia Hardy, alias la Chatte noire dans la BD (on se calme les relou, on se calme...), l'actrice Anne Hathaway (Brokeback Mountain et bientôt le Alice in Wonderland de Tim Burton), 27 ans, serait la mieux partie pour emporter le morceau. Sauf que... Felicia Hardy, toujours selon Movieline, ne serait plus La Chatte noire dans le film mais plutôt une sorte d'équivalent féminin du Vautour. Là je me permets de tousser... Ca ressemble plutôt à du bon gros fake mais Movieline semble sûr de son fait et l'info a été reprise sur le site AICN...

Anne Hathaway sera-t-elle Félicia Hardy ?

Si l'on en croit donc le site, ce n'est pas encore pour cette fois que les fans du Lézard auront droit à leur reptile fourbe préféré en super vilain de service. Movieline affirme que les "suits" (argot anglais pour désigner les "costards-cravate", c'est à dire en gros les décisionnaires du studio) préfèrent pour Spidey des ennemis à visage humain plutôt qu'un truc bizarre à tête de lézard vert. Ont-ils été refroidis par l'expérience Venom ?

Toujours est-il que ce Spider Man 4-là aura vraiment fort à faire pour nous faire oublier un troisième volet de sinistre mémoire, blockbuster bâclé sans âme (ni queue, ni tête) d'où ressortait une impression d'immense gâchis de la franchise.

La sortie de Spider Man 4 est prévue pour mai 2011 aux Etats-Unis et en France. Le scénario est signé James Vanderbilt (première version) et Gary Ross (Seabiscuit, Pleasantville... mouais). Sam Raimi, Tobey et Kirsten reprennent du service. Avec un bon script et moins de niaiserie, s'il vous plait merci.

End of transmission... (non mais sans déconner, John Malkovich en Vautour ?... j'le crois pas...)

mercredi 9 décembre 2009

Tron Legacy : l'affiche teaser.


Bonsoir les psychos.
Plissken speaking.

Y a pas : j'ai pourtant juré de ne plus me faire blouser par les orfèvres hollywoodiens du marketing, puisque désormais dans neuf cas sur dix on se retrouve avec une déception à l'arrivée. Mais là... difficile de ne pas avoir le gros boner pour cette petite perle d'affiche :


Sympa nan ? Et cette photo-là, aussi dites donc ("non mais dites donc !" aurait même dit Bourvil, grand geek méconnu qui se déguisait régulièrement en Spock. Oui, c'est bien une blague moisie). Zyeutez plutôt :


Honnêtement, malgré tous les sarcasmes que j'ai pu lire jusqu'ici sur Tron Legacy, je trouve que les photos distillées par Disney témoignent au moins, pour l'instant, d'une direction artistique fort loin d'être à côté de la plaque.

Pour mémoire, voici quelques infos sur ce Tron Legacy, dont j'avais déjà parlé : ICI !

Pour les anglophones, voici un petit lien pour un résumé du film : LA !

Et puis allez, un petit coup de teaser qu'on connait déjà mais moi j'l'aime bien aussi. Voilà. Y a Jeff Bridges, les moto-lumières, les longs rubans luminescents dans les ténèbres de l'infiniment petit, les sons métalliques... laissez moi rêver encore un an avant l'inévitable déception. Merde, quoi ! Non mais dites don' !



Tron Legacy, de Joseph Kosinski. Sortie France (en relief) le 15/12/2010.

End of transmission...

mardi 8 décembre 2009

Back to the burlingue

Bien le bonjour...

Après six jours de break qui m'ont permis de poster un peu ici, je rentre à la rédaction aujourd'hui, le rythme risque donc de se ralentir à nouveau.

Je ne posterai rien sur Avatar, vu hier, avant ce week end. Je regrette que certains de mes followers sur Twitter n'aient pas l'air de comprendre mon devoir de réserve - et surtout d'avoir dit être allé à une projection de presse hier matin, la prochaine fois je ne dirai rien du tout, na ! Un peu de patience, les folks, ce week end arrivera très vite.

J'ai également plusieurs reviews de séries sous la main (plus que quatre épisodes à mater de Big Beurk Theory...) et une ou deux autres interviews potentielles sous le coude. A très vite forcément.

End of transmission...

samedi 5 décembre 2009

Pigalle, la nuit : Hervé Hadmar et Marc Herpoux dans le blog, 2nde partie.



Hola, tovaritch aminchkaias ! Suite et fin de l'entretien que Hervé Hadmar et Marc Herpoux, co-créateurs de la série Pigalle, la nuit pour Canal +, ont accepté d'accorder à ce blog. On y cause un poil plus technique, avec aussi un appel à la révolte lancé à leur corporation face aux desiderata parfois contre-productifs de nos chaînes de télé hexagonawles (j'ai mis un "w" volontairement, pas de panique. Gag scriptural). Allez, en voiture Simone...





Il y a une différence très nette entre la mise en scène des Oubliées et celle de Pigalle, la nuit...

Hervé Hadmar : oui pour deux raisons. Les Oubliées comportait beaucoup de caméra à l'épaule et une image beaucoup plus instable, à l'image du personnage de Christian Janvier qui perdait pied peu à peu (joué par Jacques Gamblin, excellent dans cette série à la beauté glacée que je vous recommande chaudement - NDJP). Dans Pigalle, la nuit, la mise en scène est plus sage et posée à cause de la multiplicité de personnages. La série parle du plaisir, de la fête et je voulais que la caméra danse autour des personnages, donc l'usage du steadycam était plus important.

Marc Herpoux : et ça, Hervé me l'a dit très tôt en amont du tournage, donc ça influait aussi sur l'écriture. Je savais que certaines scènes de dialogues entre deux personnages ne seraient pas forcément du champ/contre-champ. Dans l'enchaînement des scènes, l'idée d'une "caméra-ballet" m'a servi à penser en terme de passerelle pour passer d'un personnage à l'autre. On a un personnage puis on le quitte pour en rejoindre un autre et créer un rapport thématique. J'ai adapté mon écriture au projet de mise en scène de Hervé.

Si j'ai un reproche à adresser à la série, je trouve quand même que le rythme général manque un peu d'action. C'est le bourrin en moi qui parle je sais bien mais bon...
H.H : Ha, mais j'assume totalement ! Pigalle, la nuit n'est pas une série d'action, c'est un soap ! C'est une histoire d'amour, le reste on s'en fout, dans ma tête l'intrigue mafieuse est toujours passée au second plan. Et l'histoire sera tout aussi émotionnelle et féminine dans la saison 2.

Pigalle, la nuit plait d'ailleurs particulièrement aux femmes.
H.H : Et j'en suis très fier. Tous les êtres dans cette série sont fragiles, des hommes y meurent d'amour et je pense que ca touche davantage les femmes. Même le méchant, Dimitri (joué par Eric Ruff - NDJP), est très féminin. Nadir, Thomas, Lucien... ils sont tous en recherche d'amour. Pigalle c'est pas "Nous deux", c'est "Nous douze". Tu l'avais pas vue venir celle là hein ?

En effet je suis un peu sonné, là... Tout comme Braquo, la précédente série événement de Canal +, Pigalle la nuit est une série tournée en 35 mm, format habituellement réservé au cinéma. Pourquoi ce choix, à l'heure du tout HD ?
H.H : Tout simplement pour avoir l'image la plus belle possible, surtout avec un tournage de nuit. En HD, les écarts de diaphragme sont trop faibles. Résultat : la nuit, quand tu règles ton diaph' pour filmer les néons, ils sont tellement fort que tu vas être obligé de fermer le diaph' au point que tu ne vois plus rien à coté. Avec les nouvelles pelloches en 35 mm, on a pu reproduire tout le velouté de la nuit.

Comment es-tu parvenu à cette texture si particulière de l'image ?
H.H : Le dispositif d'éclairage était discret sur le plateau, on ne voulait surtout pas rééclairer tout le quartier en installant des tours avec 30 kW de lumière sinon tout le monde serait venu à nous, comme des papillons. On bougeait de décors en décors en fonction des vitrines allumées telle ou telle nuit, on mouillait le trottoir systématiquement pour gagner des diaph' ( = pouvoir fermer un peu plus le diaphragme de la caméra pour avoir la plus belle image possible - NDJP). Je voulais une série très colorée, avec une prédominance des rouges, ocres et dorés. Et des noirs assez denses. C'est pour ca aussi que je ne voulais pas de la HD parce qu'elle a tendance à plaquer les noirs.

Toi, tu ne dois pas être fan des derniers films de Michael Mann tournés en HD.
H.H Je trouve en effet que l'image est à chier dans Public Ennemy et Miami Vice. Et si Michael Mann n'y est pas arrivé, y a pas de raison que j'y arrive ! Ce qui intéresse Mann avec la HD, c'est la profondeur de champ, que tout soit net aussi bien à un mètre de l'objectif qu'à l'arrière plan. Mais du coup, tu dois tout éclairer et tout est plat. En recherchant la profondeur de champ, je trouve que paradoxalement il aplatit l'image. C'est un avis qui n'engage que moi hein, je ne dis pas que c'est la vérité.

Oui mais dans Public ennemies, l'intérêt de ce choix d'image est de nous plonger dans une ambiance hyperréaliste. Tu as l'impression que les années 30 sont dans la banalité du présent.
M.H : oui mais une image comme celle là ne collerait pas du tout à l'ambiance de Pigalle, qui relève du fantasme, du fantasque... Les scènes avec Max ne fonctionneraient pas du tout avec de la HD.

En revanche le 35 mm ça coûte plus cher à la prod'...
C'est vrai qu'au début ils voulaient un tournage en HD, moins coûteux, et c'est le seul point sur lequel j'ai dû batailler. Mais aujourd'hui ils sont ravis. Pigalle, la nuit a coûté aux environs de 10 millions d'euros, j'ai eu l'argent que je voulais pour faire la série. Et j'ai eu la chance de travailler avec des producteurs qui ont fait le choix de mettre l'argent à l'écran. En clair : la marge que s'est fait Lincoln TV est certainement plus petite sur Pigalle la nuit que ce qu'une prod' se fait habituellement sur d'autres séries.

Au fait Hervé, tu ne nous aurais pas fait un petit clin d'oeil aux geeks dans le premier épisode, par hasard ?...
Tu veux parler du plan sur le bus qui passe avec l'affiche de Watchmen ? C'est plus un hasard mais en effet quand j'ai vu ce bus passer j'ai dit à l'opérateur "vite, vite essaie de prendre le bus !"

On n'en finit plus du débat sur la crise de la fiction française. D'où viendra la solution selon vous ?

M.H : c'est un cercle vicieux. Sur trop de projets, c'est la chaîne qui commande aux producteurs un concept bidon piqué à l'étranger, genre : "On veut le Desperate Housewives ou le Grey's anatomy à la française". Comme la production a besoin de faire tourner la boutique, elle va se plier à la commande de la chaîne puis s'adresser aux scénaristes qu'elle connait pour leur demander "dis, tu nous fais un Desperate housewives à la française ?". Les scénaristes, qui sont pris à la gorge pour payer leur loyer, finissent par dire "oui" et écrire un truc sans inspiration. La prod' trouve ensuite un réalisateur pas plus inspiré que les scénaristes et à l'arrivée tu te retouves avec toute une équipe démotivée et un résultat qui s'en ressent à l'écran. Tout ca parce qu'on est dans un système qui inverse l'offre et la demande. C'est le scénariste qui devrait etre à l'origine de l'offre de série, pas les chaines !

Oui enfin aux Etats-Unis, Lost était une commande initiale de ABC, comme ça arrive très souvent là-bas. Ca ne l'a pas empêchée d'être une très grande série.
M.H : Tu as raison. Lost, à la base, c'est une commande du patron de ABC qui voulait une série à la Survivor et Seul au monde. Mais c'est devenu ce qu'on connait parce que J.J Abrams et Damon Lindelof ont su renverser la vapeur et imposer leur vision de ce pitch de départ : "Ok, pour une série sur une ile mais nous on vous propose autre chose à partir de là".

Mais en France, aucun scénariste n'a le pouvoir d'un J.J Abrams !
H.H : Il faut le prendre ce pouvoir ! Après Les Oubliées, TF1 est venu nous voir, on a rencontré à trois reprises les responsables de la fiction de la chaîne. Sans suite. On a rien à leur proposer, parce qu'on ne parle pas la même langue, ils ne laissent pas faire les créatifs. A TF1, la fiction n'est pas aux mains de créatifs mais du service juridique et de gens qui sortent d'écoles de commerce. En une heure de rendez-vous avec eux, on ne parle que de chiffres et de tunes. Pour eux, le mieux est forcément ce qui fait le plus d'audience et nous c'est une équation qu'on refuse. Attention : il ne s'agit pas d'être élitistes. On veut faire des séries vues par le plus grand nombre, mais d'abord et avant tout des séries auxquelles nous on croit.

Là vous êtes sur le petit nuage de Pigalle, la nuit et très courtisés mais demain si vous vous plantez, pourrez vous continuer à tenir ce beau discours ?
H.H. : On sait que demain tout peut s'arrêter. On a rien contre le fait de bosser pour TF1, à condition qu'ils nous laissent un minimum de liberté. On ne ferait pas Pigalle pour TF1, on est pas inconscients non plus. Mais on veut être responsables artistiquement de ce qu'on fait.

M.H. : C'est une position politique et tout le monde devrait l'adopter. Tant que les scénaristes ne seront pas assez puissants pour adopter ensemble ce credo, on sera dans une industrie d'électrons libres sans pouvoir. La fiction française passe aujourd'hui à coté d'un paquet de gens créatifs parce que le système privilégie des truc nases mais qui sont susceptibles de marcher. Joséphine ange gardien et Julie Lescaut, à la limite, ce sont des équations justes. Mais d'autres sont fausses ; L'Hôpital, sur TF1, c'était lamentable et ca s'est cassé la gueule.

H.H. : et si demain cette position nous met dans la merde, tant pis, moi je retournerai faire des logos publicitaires. Je préfère encore faire autre chose que d'écrire ce que je n'ai pas envie d'écrire.

M.H. : les scénaristes doivent savoir dire au producteur "non, ton truc là, c'est pas bon, je ne le ferai pas. Tu me demandes de faire le Desperate Housewives à la française ? C'est nul !". Les mecs qui mettent l'argent dans la fiction doivent cesser de considérer que ce sont eux qui ont le dernier avis artistique.

Une dernière info sur votre prochaine série pour France 2, Signature ?
M.H : Ca sera très noir, assez violent, tu seras content il y aura plus d'action que dans Pigalle, la nuit !... C'est l'histoire d'un ex-enfant sauvage devenu un assassin qui sévit sur l'île de La Réunion. Sami Bouajilah joue le principal et on espère que Sarah Martins (alias Fleur dans Pigalle, la nuit - NDJP) fera partie de l'aventure. Il y aura deux rôles féminins très importants dans l'intrigue. Et Signature ne fera qu'une seule saison, à la fin de laquelle l'histoire sera définitivement bouclée.

H.H : le tournage aura lieu à La Réunion de juillet à octobre. Je serai la bas dés le mois d'avril.

Pigalle, la nuit : épisodes 5 et 6 le lundi 7 décembre sur Canal +, 20h50. Une production Lincoln TV. Sortie DVD prévue pour janvier chez Studiocanal.

vendredi 4 décembre 2009

Pigalle, la nuit : Hervé Hadmar et Marc Herpoux dans le blog, 1ère partie.

Hi everyone, Plissken speaking...

Histoire de bousculer un peu le train-train
de ce blog d'honnête facture, voici une interview réalisée uniquement pour ici de Hervé Hadmar et Marc Herpoux, co-créateurs de Pigalle, la nuit, dont la diffusion a débuté le 23 novembre sur Canal +.

C'est pas vraiment
un scoop puisque ces dernières semaines, vous avez pu lire un peu partout des interviews promo du tandem le plus créatif de la fiction française. Mais je me suis dit qu'un petit rab de ces deux messieurs passionnants au sujet de cette excellente série, ça ne pouvait pas faire de mal !

Pour ceux qui ne l'ont pas encore vue
et/ou n'ont pas Canal +, Pigalle la nuit est un thriller noctambule et romantique de 8X52 min. dans lequel un trader français (Thomas, joué par Jalil Lespert, ci-dessous) recherche désespérément sa soeur Emma, qu'il aperçoit par hasard un soir en strip teaseuse dans une boîte à Pigalle. Après sa prestation, Emma disparait mystérieusement et pour la retrouver, Thomas va s'immerger dans ce quartier hypnotique et venimeux, théâtre d'une concurrence féroce entre deux parrains de la nuit, Nadir et Dimitri.

Pigalle, la nuit est incontestablement une réussite, à quelques réserves personnelles près - que j'évoquerai éventuellement dans un post ultérieur. C'est surtout l'exemple parfait de fonctionnement, à l'échelle française, d'un binome de showrunners en osmose avec leur production et une chaîne (Canal + donc, loués soient ses responsables de la fiction), qui respecte totalement l'intégrité artistique de la série commandée. Il s'agit enfin d'une véritable expérience d'écriture immersive de la part d'une paire d'auteurs aux méthodes de travail qui n'appartiennent qu'à eux. Il était intéressant d'y revenir avec eux.

A l'arrivée : malgré ses quelques défauts de cuirasse et notamment un rythme que je trouve parfois un poil trop lent, voilà une fiction originale, visuellement éblouissante (elle tient sans problème la dragée haute aux séries anglo-saxonnes), aux personnages complexes et réels, incarnés jusqu'à la moelle par des acteurs au jeu tout simplement CREDIBLE (dans le rôle de Nadir, le proprio du Folies et du Sexodrome, Simon Abkarian effectue notamment une prestation digne d'un Emmy award...).

Après un démarrage en fanfare en première semaine (communiqué triomphant de la chaîne à l'appui), Pigalle, la nuit a connu hélas une baisse sensible de son audience lundi dernier, ce qui laisse encore planer un doute sur la commande ferme par Canal + d'une seconde saison. Il faudra à tout prix que les chiffres de la 3e semaine, ce lundi, ne marquent pas un nouveau décrochage significatif. Croisons les doigts, car Pigalle, la nuit est une vraie belle oeuvre de télévision qui mérite largement de connaître un second printemps.

Je tiens vraiment à remercier Hervé Hadmar et Marc Herpoux d'avoir accepté de consacrer un peu de leur temps à votre serviteur dans le cadre très confidentiel de ce blog. Sans flagorner, je peux vous assurer que le talent de ces deux-là n'a d'égal que leur humilité et leur gentillesse. "H & H" forment un duo d'auteurs pas divas pour deux sous, ouvert à la critique et instaurant d'entrée un rapport humain "normal" avec leur interlocuteur, pas une épreuve de force pathétique comme certains autres se plaisent à le faire du haut de leur suffisance. Et en plus ils font des vannes aussi moisies que les miennes ! Pour finir, rappelons que Hervé et Marc ont donc écrit à quatre mains tous les épisodes, tandis qu'Hervé s'est chargé de la réalisation.

Comme c'était un peu long, j'ai coupé l'entretien en deux... la suite demain, où "H&H" causeront davantage du travail sur l'image (attention ca sera un poil tech) et de leur regard sur la fiction française (attention ça balance). Bon, assez digressé, la parole aux créateurs, quoi, merde, enfin !

Fleur (Sarah Martins) : doyenne et danseuse star du Folies. Meilleure amie d'Emma
(et ex-petite amie de John Plissken. Je déconne, ho...), elle aidera Thomas dans son enquête.


Des Inrocks à Libé en passant par les mags télé, Pigalle la nuit reçoit un plébiscite quasi-unanime. Vous attendiez-vous à une telle cote d'amour ?
Hervé Hadmar : on l'espérait bien sûr, mais franchement après l'accueil positif des Oubliées on s'était dit "Profitons-en, on ne connaitra plus jamais ça, ". On redoutait d'autant plus les critiques sur Pigalle que là, après Les Oubliées, on nous attendait au tournant. Comme Pigalle est une série chorale, on s'aperçoit finalement que tout le monde s'attache au moins à un ou deux personnages, ca fait plaisir. Je trouve les critiques d'ailleurs assez lyriques et poétiques.

Marc Herpoux : oui, les journalistes qui écrivent sur Pigalle la nuit ont essayé d'habiller leur critique, comme si ils voulaient faire partager la sensibilité qu'on a voulu mettre dans la série. Je retrouve dans certains articles l'ambiance de Pigalle...

H.H : en filigrane, je lis que les journalistes ont aimé la série parce qu'elle est proche de l'humain, elle croit en l'homme.

Vous pensez que Pigalle,la nuit touche davantage les gens que ne l'a fait Les Oubliées ?
M.H : oui parce que Les Oubliées a un coté plus abstrait, plus mental. On ne pouvait rentrer dans la série qu'à condition de rentrer dans l'obsession de Janvier. Le fait que Pigalle soit une série chorale facilite l'attachement des gens. C'est une série plus populaire, à l'image du quartier.

H.H : et visuellement plus colorée que Les Oubliées. Il y a de vraies scènes humoristiques, on est plus dans la fête, la vie, le plaisir, le désir et la sensualité.

Pigalle,la nuit a-t-elle été justement une série plus difficile à écrire que Les Oubliées ?
H.H : Pigalle a été dix fois plus complexe à écrire, produire et réaliser que Les Oubliées. D'abord parce que c'est une série chorale et ensuite, pour la réalisation, parce que c'est beaucoup plus difficile de tourner en live dans les rues de Pigalle que dans le Nord de la France. Là bas, tu frappes à la porte d'un riverain, tu lui demandes "Bonjour monsieur est ce que je peux tourner dans votre maison ? Il te répond direct " Ben oui pas de probleme vous voulez un café?" Pas à Paris, ha ha !

M.H : On a bien mis six mois à se sortir de la "musique" des Oubliées et penser "choral". Une fois le pitch de Pigalle trouvé, on a mis du temps à trouver l'ADN de la série qu'on voulait faire, ne pas trop nous attarder sur le personnage de Thomas au profit de l'histoire d'un quartier.

H.H : Les Oubliées c'était une série "mono point de vue". Pour notre projet suivant, il fallait choisir entre une écriture encore "mono point de vue" ou partir vers du "choral". On a finit par se dire : Ok, choral ! Ok choral, C'est nul comme vanne ça, non ?

Au contraire, c'est brillant ! Comment est venue l'idée de Pigalle ?
H.H : la priorité, c'était d'abord de trouver une bonne proposition d'humanité, c'est à dire de beaux personnages donc : leur trouver l'arène idéale. Un commissariat ? Un hopital ? Deja fait... Et puis un jour, en passant tout bêtement en métro à la station Pigalle, j'ai eu le déclic. En sortant, j'ai appelé Marc, on s'est retrouvé à la terrasse du Chao-Ba et on a regardé pendant plusieurs heures les gens passer. On a senti cette ambiance décalée, cette mélancolie ambiante, cette part du rêve de Pigalle qui se réveille quand la nuit tombe et que le quartier se transforme. On a proposé un pitch à Canal, qui nous a donc loué un appartement pendant six mois sur place et on s'est vraiment immergé dans le quartier.

Emma (Armelle Deutsch) : photographe en quête d'absolu
envoûtée par Pigalle au point de devenir strip teaseuse.
Et de disparaitre dans la nuit...

Nadir (Simon Abkarian dans un rôle instantanément culte) :
parrain de la nuit à Pigalle. Emma dansait pour son club le Folies.
Est-il impliqué dans sa disparition ?


Qu'avez vous fait pendant ces six mois exactement ?
H.H : On a bossé pardi ! Les murs se sont vite recouverts de post-it d'idées de personnages et d'intrigues. L'après midi parfois, on se promenait dans les rues, dans les sex shop. Je me suis fait une séance en plein après midi au cinéma porno L'Atlas. En pleine projection, il y a avait un travelo en train de baiser dans la salle... Comme j'habite à la campagne, je restais dormir à l'appart' donc il m'arrivait de ressortir la nuit.

M.H : cette immersion a directement nourri l'écriture. Le personnage de Max (joué par le célèbre saxophoniste Archie Shepp) nous est par exemple venu après un déjeuner à l'Omnibus, où on a repéré un vieux black seul attablé. On a commencé à délirer autour de lui et à construire l'histoire de Max.

Le jazzman Archie Shepp est Max : un vieil habitant de Pigalle
qui cache un très lourd secret (il est amoureux de John Plissken. Non je re-déconne)


Comment fonctionne votre duo ? Vous répartissez vous les personnages, les épisodes ?
H.H : Non, on construit tout ensemble. La création des intrigues, des personnages, de la dramaturgie... impossible de savoir qui a fait quoi. Pour les continuités dialoguées (version avancée du scénario dans laquelle sont ajouté les dialogues - NDJP), ca varie : sur Les Oubliées on avait écrit trois épisodes chacun puis on se les était échangés. Sur Pigalle, j'ai écrit les continuités dialoguées, pendant que Marc écrivait celles de Signature, notre prochaine série. Et moi je suis en train de la reprendre en ce moment même. C'est un travail d'aller-retour permanent, tout est interchangeable. Comme on a tous les deux le même univers et la même sensibilité, ca fonctionne. De plus Marc connaît ma façon de réaliser et il écrit en fonction.

M.H : et nous commençons toujours par écrire la fin.

Comment vous êtes vous mis le quartier dans la poche pour tourner tranquilles ?
H.H : C'est à ça qu'a servi l'immersion. On a été à la rencontre du directeur du Sexodrome (le plus grand sex-shop d'Europe, où nous avions notamment tourné notre Scuds#5, sur le plateau de Pigalle, la nuit - NDJP), des strip teaseuses, des patrons de bar. A chaque fois, on leur disait tout de suite qui nous étions et quelles étaient nos intentions. Notre contact avec tout ce monde là a été facilité par l'intermédiaire d'un ex-flic de la brigade mondaine trouvé par la production. Il a bossé pendant vingt ans à Pigalle et grâce à lui, le jour J du tournage, on était prêt.

Ce qui n'a pas empêché le tournage d'être assez rock'n'roll...
H.H : On a eu des embrouilles, oui. Un soir, je devais filmer une scène où Thomas fend la foule pour rentrer dans le Paradise (dans la série, c'est la boîte concurrente du Folies - NDJP). Je suis donc à l'extérieur du Paradise, je ne vois pas Jalil qui est un peu plus loin mais je l'entend dans mon retour casque. Au moment où je m'apprête à dire "Moteur... action", j'entend tout d'un coup Jalil crier : "Quoi qu'est ce qu'il y a ? Je tourne un film, là ! Tu veux te battre, c'est ça ?" Il était en train de se fritter avec un mec qui voulait lui casser la gueule. Heureusement la situation s'est désamorcée. On a eu aussi un souci quand Yasmine Belmadi (qui nous a quitté, paix à son âme) se préparait pour une scène d'action. Il se chauffait dans son coin quand les flics sont passé et l'ont pris pour un drogué. Balayette, plaqué au sol, la totale... On est arrivé en courant, ils nous ont braqué avec leurs tazers. Vingt minutes d'interruption de tournage. Et je te parle pas des bastons autour de nous. Tous les soir il se passait un truc.

Les comédiens ne se sont pas senti menacés ?
H.H Jamais et ils ont adoré ce climat. Et puis les gens de Pigalle nous protégeaient et on avait aussi notre service de protection.

To be continued : mise en scène, 35 mm Vs HD, scénaristes contre chaînes de télé...

Pigalle, la nuit : épisodes 5 et 6 le lundi 7 décembre sur Canal +, 20h50. Une production Lincoln TV. Sortie DVD prévue pour janvier chez Studiocanal.

End of transmission...


mercredi 2 décembre 2009

I want a new Black Hole !


Bonsoir, fidèle aminche...

Lorsque des tâcherons remakent des chef-d'oeuvre du cinéma qui ne leur avaient rien demandé, j'ai envie de sortir la Plisskenchnikov et de mitrailler ces profanateurs aux petits pieds. Mais l'annonce du projet d'un nouveau Trou noir me parait a priori une excellente idée. Voire une perspective qui me comble d'excitation enfantine. D'autant que les instigateurs de ce reboot ne sont autre que Joseph Kosinski et Sean Bailey, respectivement réalisateur et producteur du très attendu Tron Legacy (au sujet duquel j'ai décidé d'être optimiste. Farpaitement !).

Pour les geeks trop jeunes de passage sur ce blog d'honnête facture, précisons que Le Trou Noir, sorti en décembre 1979 aux Etats-Unis et en octobre 1980 en France, n'est pas un porno minier mais bien le premier film de science fiction des studios Disney. J'entends par là un pur space opera à la Star Trek et Star Wars, pas des niaiseries type Un cosmonaute chez le roi Arthur ou Le Chat qui vient de l'espace, produits juste avant par Mickey. Surtout, Le Trou Noir fut le premier long métrage estampillé Disney à sortir sous la classification PG (pour "Parental Guidance") : tout public, le film n'en contenait ainsi pas moins "quelques scènes pouvant heurter la sensibilité des enfants". A l'arrivée, un choc visuel et mémoriel pour moult geeks de ma génération.

On ne va pas se raconter d'histoires : produit à l'époque pour 20 millions de dollars (il en coûterait dix fois plus aujourd'hui), Le Trou Noir est un quasi-nanar. Somptueux certes, mais tout de même un quasi-nanar. Mis en scène sans génie ni beaucoup de rythme (le réal, Gary Nelson, est un employé maison qui cachetonnera en télé le reste de sa carrière), joué par des tocards attachants (Anthony Perkins, Robert Forster, Yvette Mimieux, Ernest Borgnine... bon ok pas Ernest) et comptant plusieurs scènes parmi les plus crétines de l'histoire de la SF. Ceux qui ont vu le film savent de quoi je parle - remember les deux petits robots volants Vincent et son copain rouillé, sans doute là pour assurer le quota lardons dans les salles. Pourtant, rien à faire : quand on a vu ce film sur grand écran à 9 ans, comme c'est le cas de votre serviteur, impossible d'oublier les autres temps forts de ce grand classique du plaisir coupable :

- Le thème impérial de John Barry.
- Le look démentiel du vaisseau USS Cygnus (non mais matez moi cette photo ci-dessus, magnifique non ?)
- Une ambiance inhabituellement sombre pour un Disney à l'époque, avec quelques scènes authentiquement angoissantes.
- Le méchant robot tout rouge Maximilian et ses pinces-moulinettes meurtrières (oui dit comme ça, ça fait moyen crédible, je sais, mais à l'époque ça nous foutait une pétoche monstre).
- La beauté hypnotique du trou noir, résultat d'effets spéciaux et photographiques conçus en interne par quatre génies (le vétéran Peter Ellenshaw, Eustace Lycett, Art Cruickshank et Dany Lee).

Bref, on sait bien que Le Trou Noir est très, très loin d'un chef-d'oeuvre. Sa sortie en salles s'est d'ailleurs soldée par un échec cuisant pour Disney. Et pourtant, presque autant que Tron, ce film occupe une place vraiment bien à lui dans le coeur et la mémoire des geeks cinéphiles trentenaires (voire quadras, argh...). Et c'est bien pour toutes ces raisons qu'il est le candidat idéal pour un remake. Refaire Le Trou Noir avec les technologies actuelles ne peut qu'être un projet excitant dans la mesure ou le film sera forcément supérieur à l'original et aussi plus spectaculaire. Sauf si Kosinski est un über-tâcheron, ce dont on pourra juger avec Tron Legacy, son premier long métrage.

Selon le Hollywood reporter, on ne sait rien de plus du projet à ce stade, si ce n'est que le robot Maximilian sera de la partie (quand je vous disais qu'il avait marqué les mémoires !) et que le trou noir sera encore plus présent dans l'intrigue que dans l'original.

En attendant d'en savoir plus, voilà , en Plisskenrama, une petite séquence nostalgique qui plaira certainement aux plus ridés d'entre nous ! Ecoutez et savourez moi cet incroyable générique.



End of transmission...

mardi 1 décembre 2009

Iron Man 2 : première affiche teaser. Et donc ?

Holà los aminchos, qué tal ??? Ben tal que pour la première fois depuis cet été, je poste deux fois de suite en moins de 24 heures. En même temps je suis en vacance pour une semaine donc je fais ce que je veux, quoi, merde. Profitez-en, ça va pas durer.

Iron Man, donc. Le deux. Il sort le 7 mai prochain aux Etats-Unis et le 28 avril en France (oui, on aura notre rab de tête de fer une semaine avant les ricains, c'est dingue !).

Et alors ces fumiers du site Yahoo Movies ont obtenu l'exclu de la première affiche teaser du film, featuring War Machine. J'ai envie de dire que ça me donne le boner (en attendant le bonheur ?). Et sinon, que va-t-il se passer dans cette séquelle ?

Jon Favreau a révélé à USA Today que l'intrigue se situe six mois après celle du premier Iron Man. On ne connait pas les détails précis de la trame, mais on sait que Tony Stark y rencontre ses premiers soucis sérieux d'alcoolisme, référence directe au fameux arc de neuf épisodes baptisé "Demon in a bottle", publié en 1979 dans le comic book. Favreau précise néanmoins que le film n'ira pas aussi loin, se situant davantage dans une étape intermédiaire avant la déchéance de Stark.

Parallèlement, notre milliardaire au coeur fragile devra faire face aux conséquences de la révélation, à la fin du premier film, de sa double identité (Gary Shandling incarnera un sénateur exigeant que l'armure de Iron Man soit remise au gouvernement américain, ha les fumiers !). Autre galère : Pepper Potts (Gouinette Paltrow, quoi je suis lourd ?), devenue entre temps associée de Tony au sein de Stark industries, s'est trouvé un petit ami (sera-ce Happy Hogan, comme dans le comic ?) et ça, ça fait bobo au palpitant du Tony.

Le super vilain majeur sera le Mandarin, qui est un peu à Iron Man ce que le Bouffon vert est à Spider Man, Magneto aux X-Men ou le Dr Fatalis aux Quatre Fantastiques. Le traitement réservé au personnage permettra, d'après Favreau, d'ouvrir les portes de "tout le Panthéon des super vilains de Iron Man". Enfin, nous auront aussi droit à War Machine, la super armure alternative portée par Jim Rhodes en l'absence de Stark et que nous pouvons découvrir sur ce poster plutôt badass.

Le scénario passe également la vitesse supérieure en matière d'immersion dans le "Marvel universe" (Marvelverse pour les intimes) puisque plusieurs personnages historiques de la BD sont invités à l'écran pour des apparitions de plus ou moins grande envergure :

- Justin Hammer, le business man mafieux qui finance des super vilains pour castagner notre tête de fer chéri. Dans l'arc "Demon in a bottle", c'est également lui qui ourdit sournoisement pour précipiter la rechute alcoolique de Stark. Excellente idée que de confier le rôle à Sam Rockwell (prodigieux cette année dans l'inédit Moon).

- Ivan Vanko dit Whiplash, (alias Blacklash en VF dans les Strange de mon enfance) et son fouet de ouf', joué par Mickey Rourke. Lequel a bien failli dire "fuck" au projet, jusqu'à ce que Marvel ne consente in extremis à lui octroyer un rab de cachet. Je ne sais pas si vous, mais perso je ne suis pas très fan de l'accoutrement de Rourke dans la peau du méchant. Je le trouve... un peu ridicule et j'ai l'impression d'une scène tout droit sortie d'un épisode moqueur d'Entourage. Faut voir en mouvement !

- La Veuve noire, a.k.a Natasha Romanoff (à ne pas confondre avec Anne Roumanof, sinistre humoriste sapée rouge flashy), jouée par Scarlett Johansson. Espionne russe infiltrée chez Stark Industries en tant qu'assistante de Tony. Quand j'étais gosse, je fantasmais carrément sur sa tenue bleu nuit ultra moulante et je m'étais passionné pour sa romance avec Daredevil (mais en effet sa première apparition fut dans Iron Man).

- Bethany Cabe. Agent de sécurité et love interest majeur de Tony Stark, c'est elle qui, dans la BD, l'aide à vaincre son "démon dans la bouteille".

Ils reviennent :
- Jon Favreau à la réal et dans le petit rôle de Happy Hogan, le chauffeur/bodyguard de Stark.
- Paul Bettany (dans le rôle de la voix du superordinateur domestique Jarvis)
- Samuel Jackson (alias Nick Fury. On a eu peur il a failli ne pas en être, le Sammy)
- Le Shield, cette super CIA/NSA dont on ne se rappelle jamais ce que signifient les initiales (anyone, anyone ?...).
- Stan Lee dans son proverbial cameo.
- John Plissken, dans un rôle clé qui fut hélas coupé au montage dans le premier Iron Man (ils m'ont promis que pour le 2, ce serait la bonne !)

Il dégage
Terrence Howard dans le rôle de Jim "Rodhey" Rhodes, remplacé par Don Cheadle. Ouais pourquoi pas, j'aime autant l'un que l'autre comme acteurs.

Conclusion du Plissken ?
Tout cela fait tout de même beaucoup de personnages et j'espère que le film ne sera pas victime du syndrôme Spider Man 3, torpillé par un scénario trop gourmand et finalement sans queue ni tête. Mais bref ! Croisons les ventouses pour que Jon favreau retrouve la formule fun et décomplexée du premier volet tout en lui injectant un peu plus d'ambition dramatique. Une première bande annonce de Iron Man 2 sera projetée aux Etats-Unis lors des séances de Sherlock Holmes, le film de Guy Ritchie avec ce putain de génie de Robert Downey Jr (sortie USA le 25/12). Je prie vraiment pour qu'on ne soit pas déçu. Non parce que comme dirait Jean Pierre Coffe, y en marre ! Oui, je viens de citer Jean-Pierre Coffe. Go consulter ma psy.
Change rien Robert on t'adore...

End of transmission...

lundi 30 novembre 2009

Bienvenue à Zombieland : appétissant... mais frugal.





Quel bonheur, quelle sensation de liberté que de se rendre un lundi après midi au cinéma pour se goinfrer de popcorn et dévorer Zombieland au Max Linder (celui de Paris hein, pas celui de Ribérac en Dordogne), les pieds négligemment vautrés sur le bord de la mezzanine quasi déserte.

Mais mis à part ce trip jouissif, que vaut donc ce film dont j'avais raté toutes les projections de presse et à propos duquel j'ai pu lire des critiques globalement positives ?

Hé bien les aminches je dirais.... que je savais pertinemment que je n'allais pas voir un chef d'oeuvre. Voire même que Zombieland était franchement inégal à en croire certains échos, mais malgré tout foutrement sympatoche. Au final, j'ai vu exactement le film que je m'attendais à voir, avec cependant une petite pointe de frustration par rapport au secret espoir d'être agréablement surpris. Ben vi, exactement comme lorsqu'on est persuadé de se prendre un rateau avec une bombasse en soirée, mais qu'on y va quand même parce qu'on ne sait jamais sur un malentendu... jusqu'à ce que la réalité du rateau vous fracasse le tarin.

Le miracle ne s'est donc pas produit avec Zombieland et le générique de fin confirme l'impression d'un film culte avorté pour cause de scénario paresseux. Et pourtant, j'ai de l'affection pour ce cousin yankee du britannique (et plus inventif) Shaun of the dead. Comment en effet ne pas éprouver une irrépressible sympathie pour un film qui démarre plein pot par l'un des génériques les plus extraordinairement jouissifs de cette année ? Dans cette toujours aussi sublime salle du Max Linder, entendre le colossal From whom the bell tolls de Metallica en Dolby DTS, tandis que sur l'écran panoramique géant défile un montage hilarant d'humains coursés au ralenti par des zombies hystéros, relève du nec plus ultra de l'expérience orgasmique geek ultime. Une quintessence rare de plaisir cinéphilique et musical. Un pur shot de bonheur brut dont l'effet immédiat sur votre serviteur fut de le faire headbanger et taper du pied tout seul dans son siège comme un psychopathe. Dommage que par la suite, le film ne retrouve que parcimonieusement la perfection et l'intensité de cette parenthèse de grâce bourrine au cours de ses 80 minutes à la fois trop courte mais aussi, hélas, parfois longuettes.


L'introduction nous plonge directement au coeur du chaos. L'apocalypse s'est déjà abattue sur le monde, transformé en "Zombieland" en quelques jours comme nous l'explique en voix off le jeune héros, Columbus (joué par Jesse Eisenberg). On apprendra plus tard que le virus de la vache folle n'est pas étranger à l'épidémie (portnawak mais osef). Je tombe alors sur un second motif de bienveillance : notre survivant frêle et pubère nous parle de sa vie d'avant, nous expliquant que c'est sa condition de "no life" qui lui a permis d'échapper aux macchabées en folie. Vie sociale réduite à boulottage de pizzas devant World of Warcraft + pas vraiment d'attache affective : rien de tel pour affronter efficacement une invasion de zombies ! On pourrait certes reprocher au film de tomber dans une énième caricature du geek mais, bizarrement, je l'ai ressenti au contraire comme une sorte d'hommage à notre culture. Colombus n'est pas un demeuré dont rit le réalisateur, c'est même plutôt l'inverse : il s'agit d'un garçon sensible, vif et attachant. Et comme tout bon geek maniaque, Columbus fait des listes, enfin une surtout : celle des règles impératives pour survivre dans Zombieland, qui reviendront en tant que leitmotiv comique tout au long de l'intrigue.

Rapidement, Columbus croise la route de Tallahassee (Woody Harrelson), cowboy solitaire particulièrement remonté contre les morts-vivants. Le duo rencontrera par la suite deux jeunes soeurs (Wichita et Little Rock) résolument antisociales et, après quelques bisbilles, la mauvaise troupe se dirigera soudée vers un parc d'attraction de Los Angeles dont la rumeur prétend qu'il est protégé des zombies.

Problème : toute la partie du film comprise entre le voyage vers la côte ouest et le final dans le parc souffre d'une très grosse baisse de rythme. Et lors de ce ventre mou enfle le sentiment d'un potentiel énorme malheureusement jamais exploité par les scénaristes et le réalisateur. Il se passe finalement assez peu de choses au cours du périple de Columbus et Tallahassee, le quota de "zombiekill" reste bien modeste et d'ailleurs, étrangement, aucune scène ne nous montre un plan vraiment effrayant de foule zombiesque massive. Les maccab' surgissent presque au compte goutte ou par grappes relativement chiches (le budget figurants a été bouffé par le cachet d'Harrelson ou bien ?).


La pauvreté du script, malgré ses fulgurances éparses, nous donne parfois l'impression de visionner un épisode pilote de série télé lambda (Zombieland fut d'ailleurs conçu à l'origine pour le petit écran) où certaines séquences sont plaquées ici et là pour faire gagner du temps à une intrigue aux enjeux assez plats. Passé le premier effet fun, toutes les scènes se déroulant dans la somptueuse villa d'une star hollywoodienne culte (et NON je ne spoilerai pas, même si le film est déjà sorti), ne dépassent que rarement le stade de la bonne idée.

Il faut vraiment attendre le climax dans le parc d'attraction pour qu'enfin la tension et l'excitation reprennent leurs droits, tandis que la mise en scène use adroitement du potentiel kinétique des grands huit et autres manèges à sensations fortes. En clair : ça charcle enfin un peu dans le dernier quart d'heure ! Une paresse générale à l'image du jeu de Woody Harrelson : il est évidemment impeccable en bouseux fine gâchette, mais sans jamais forcer son talent. Pas de réel moment d'anthologie, ni de scène absolument culte où la folie de son personnage serait poussée jusqu'au bout (j'ai tout de même bien ri à la séquence du banjo).


Pourquoi dés lors trouver sympathique Zombieland malgré toutes ces frustrations ? Parce qu'à titre personnel, je ne peux que décerner la médaille du larsen à un film qui me balance dans les oreilles Metallica, Van Halen ("Everybody wants some") et Blue Oyster Cult ("Don't fear the reaper") en cours de projection, sans oublier Ray Parker Jr, clin d'oeil vraiment bien vu aux geekos nostalgiques des années 80. L'ensemble, fun et sans prétention, se laisse regarder sans déplaisir et les intentions de l'entreprise sont éminemment estimables, à l'image de ce groupe de héros paumés qui finiront par former malgré eux une cellule familiale. Et puis les maquillages gores sont généreux plutôt bien exécutés. Et puis Emma Stone est carrément smoking hot. Et puis... ben je crois que j'ai fait le tour ! A vous de voir si c'est suffisant pour vous déplacer en salles. Ou finalement vous convaincre d'attendre la sortie en DVD pour une soirée popcorn avec les potos. Il parait qu'une suite est déjà à l'étude. Pourquoi pas mais faudrait un peu me muscler tout ça, les gars...

PS : restez tout de même jusqu'aux dernières gouttes du générique de fin. On y cause de Sartre. Si.

Bienvenue à Zombieland (Zombieland), de Ruben Fleischer. Actuellement en salles.

End of transmission...



jeudi 19 novembre 2009

mardi 10 novembre 2009

Les chéris de ces geeks, ep. #6 : Fred Ward


Les aminches, assez finassé, foin de palabres : oui j'ai encore traîné ces dernières semaines, j'avoue, je suis indigne et mérite d'être roulé dans la fange avec les trois petits cochons !

Raison de plus pour ne pas perdre davantage de temps en vaines explications zoiseuses. Et pour commencer cette nouvelle session de posts sur JPFM : un petit "Chéri de ces geeks", ça faisait longtemps tiens ! L'élu du jour : Fred Ward.

Fred Ward, Fred Ward.... LE second couteau buriné du cinéma US. Front bas, nez de mi-lourd fracturé plusieurs fois lors de sa période ring, mâchoire granitique plantée au sud d'un faciès de coyotte au regard aussi aiguisé qu'une lame crantée de John J. Et une voix. Une putain de voix rauque shootée aux octaves, jamais aussi intimidante que lorsqu'elle se fait rugissement tapis dans l'ombre, à la hauteur des rôles de dur à cuire dans lesquels le cinéma l'a généralement cantonné. Ha ben oui, clairement pas une fiotte de posters à la Jude Law, l'ami Fred. Bon sang mêlé irlandais et cherokee ne saurait mentir !

Il aura 67 ans ce 30 décembre mais l'escogriffe sévit toujours sur les écrans, le plus souvent dans de séries télé (les groupies de Grey's anatomy n'ont sans doute pas remarqué sa belle performance récente dans le rôle du père de Denny Duquette). Il a également fait une apparition cette année dans la série de la chaîne Showtime, United States of Tara et dans le thriller L'Affaire Farewell, de Christian Carion (où il incarne Ronald Reagan. Pas vu mais dommage !). Il se fait plus rare , le Fred, mais à chaque fois que je recroise sa gueule de vieux loup de mer émacié, mon coeur fait boum comme à chaque retrouvaille avec un chéri de ces geeks.


Quand ai je donc déjà entendu parler de ce comédien si attachant pour la première fois, voyons voir... Oui ! Retour vers l'enfer. Uncommon Valor en V.O. C'était en 1983, mon père nous avait emmené voir au Gaumont Marignan des Champs Elysées ce chouette action movie signé Ted Kotcheff juste après Rambo, dans lequel un colonel du corps des Marines (Gene Hackman) emmène un groupe de mercenaires récupérer son fiston resté prisonnier au Laos après la guerre du Vietnam. Dans le film, Fred Ward était Wilkes, l'un des six salopards cornaqués par Hackman. Dans mes souvenirs, Wilkes souffrait d'un syndrome post traumatique après avoir zigouillé toute une famille viet dans un tunnel plongé dans l'obscurité, prenant la dite famille pour des soldats vietcongs (putaing quel cong ! Pardon...). Dans le film, une séquence assez glaçante montre Wilkes raconter avec force détails ce macabre souvenir à ses camarades de mission. Et leur rappeler qu'à tout moment, d'incontrôlables crises de panique peuvent s'abattre sur lui, breakdown irrépressible aliénant tout le reste, corps et âme. Voilà bien la signature de Fred Ward : la virilité fissurée par la peur.

Retour vers l'enfer, de Ted Kotcheff (1983). Fred Ward est le second en partant de la gauche.
Un cliché beau comme l'odeur du napalm le matin au réveil...


La même année que Retour vers l'enfer, l'acteur récidivait dans ce registre du costaud qui craque en composant l'astronaute Gus Grissom dans L'Etoffe des héros, chef-d'oeuvre de Philip Kaufman. Dans ce film, comme dans Retour..., Ward prouve qu'il n'est pas seulement une "gueule" mais aussi un merveilleux interprète bien plus subtil que ne le laissent deviner ses traits rugueux. La scène où Grissom le fier à bras se laisse peu à peu gagner par la claustrophobie dans sa capsule spatiale perdue en mer, dans l'attente d'être récupéré, vaut son pesant de sourde montée d'angoisse. Cruelles minutes d'humiliation lorsque, devant les caméras de la nation, Grissom pète un cable et saute à la mer sans attendre son hélitreuillage. Et Ward de savoir si bien nous faire ressentir la honte masquée de son personnage lorsque le président des Etats-Unis ne daigne pas se déplacer pour l'hommage traditionnellement rendu à chaque astronaute après un vol. Sévère punition.

Au premier plan : Fred Ward dans le rôle de Gus Grissom,
flanqué des six autres membres du programme Apollo
dans L'Etoffe des héros de Phil Kaufman (1983).
Un cliché beau comme la conquête spatiale.


Né Freddie Joe Ward à San Diego en 1942, Fred Ward avance un sacré background. Je ne parle même pas de son bagage de vie - trois ans dans l'US Air Force jusqu'à l'âge de 24 ans, puis une courte parenthèse en boxe et même un job de bûcheron en Alaska si l'on en croit Wikipedia. Par background, j'entend plutôt ses références de comédien. Le mec a étudié son art au réputé Herbert Berghof Studio de New York (d'où son sortis, au hasard, De Niro, Anne Bancroft, F. Murray Abraham, Faye Dunaway, Jack Lemmon, Sigourney Weaver, Barbra Streisand, Jean-Pascal de la Star Ac'... ha non tiens!). A l'époque, Ward payait ses cours en turbinant ici comme concierge, là comme démolisseur. Au début des années 70, on le retrouve à Rome où il gagne sa vie en doublant en anglais des westerns spaghetti et en jouant , en 1973 et 1974, dans deux téléfilms signés Roberto Rossellini. Pas mal pour un ours mal léché ! Robert Altman ne s'y trompera pas, bien plus tard, en engageant Ward dans The Player (1992), Short cuts (1993) et sa série télé Gun (1997).

Campeur alcoolo au coté de Huey Lewis dans Short Cuts, de Robert Altman (1993).

C'est à Don Siegel que Fred Ward doit son premier rôle marquant, un taulard dans L'Evadé d'Alcatraz au côté de Clint, en 1979. Deux ans plus tard, les amateurs de pelloche à poigne le remarqueront de nouveau en voyou de la Garde Nationale dans le prodigieux Sans Retour (Southern Comfort) de Walter Hill. Un épatant survival en plein bayou, bercé par les accords de slide de Ry Cooder, que je vous recommande chaudement. En 1985, j'ai raté Remo, sans arme et dangereux, une comédie d'action entièrement bâtie sur les épaules de Ward et qui aurait dû propulser sa carrière via un héros de films récurrent à la James Bond. D'ailleurs, le réalisateur n'était autre que Guy Hamilton, oui celui de quatre 007 dont Golfinger et Les Diamants sont éternels. Hélas pour Ward, Remo s'effondra au box office, scellant le destin d'éternel second couteau de ce magnifique acteur. Fâcheux mais pas grave. Jamais complètement disparu des radars, il a continué de nous régaler de ses rictus de redneck tout au long de sa filmo suivante, comme dans le culte Tremors, de Ron Underwood (1990), mais aussi Bob Roberts de Tim Robbins (1992) ou encore la comédie Sweet Home Alabama de Andy Tennent (2002), avec Reese Witherspoon.

Sans retour, de Walter Hill (1981) : il joue Lonnie Reece,
beauf bas du front et dangereux qui aura bientôt affaire à Powers Boothe...



Timerider, de William Dear (1983) : série B sympa où Fred Ward incarne
un motard propulsé en plein plein Far West.
On retrouve dans le film Peter Coyote, qui avait aussi joué dans Sans Retour.



Bouseux buteur de limaces géantes dans Tremors de Ron Underwood (1990).
A l'extreme droit sur la photo (mais pas dans la vie, hein)



Alors si d'aventure certains d'entre vous - je cause aux plus jeunes, là - n'avaient pas encore remarqué l'existence de cette figure chère à la geek culture (ne serait ce que pour Sans Retour/Retour vers l'enfer/Timerider/L'Etoffe des Héros/Tremors), je dis : à vos DVD, comblez moi ce manque culturel et chantez les louanges du vieux Fred sur la toile, il mérite notre reconnaissance au centuple. Exécution !


End of transmission....