vendredi 23 octobre 2009

SCUDS#9 : à l'attaaaaaaaque !

Avec tout ça, j'avais failli l'oublier !

Et sinon, coming next pour ce week end : un post sur Pigalle, la nuit et petit Top 5 du film de trouille...

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mardi 20 octobre 2009

Mauvais esprit ! (Critique express de Paranormal Activity)



Hi, plèbe en haillons hurlant "Metaaaaaal !"

Cette critique sera brève et sans spoilers (ni édulcorant E666). Paranormal Activity ne sortant que le 2 décembre, soit une date encore assez reculée, j'aurai l'occasion d'y revenir plus longuement ultérieurement.

Une projection de presse a donc eu lieu, hier soir, à Paris du film le plus buzzé de la fin de l'été, juste après District 9. Etaient notamment présents dans la salle blindée (blin-dée !) du cinéma Elysée Biarritz : Jérôme Keinborg, John Plissken... et Yann Valentin en lieu et place de notre Scud Bouron, indisponible hier soir. Nous en avons profité pour enregistrer un petit Flash Scuds d'après projo, que nous gardons au frais pendant quelques jours avant la mise en ligne.

Réalisé en 2006 pour 15 000 dollars par un total inconnu, (l'américano-israélien Oren Peli, 37 ans), Paranormal activity s'est taillé, au fil de sa présentation depuis un an dans différents festivals US (Slamdance, Screamfest...), une réputation exponentielle de voyage au bout de l'enfer de la trouille ultime sur pellicule.



Distribué aux USA par Paramount (dont le logo n'apparait à aucun moment de toute la projection, pour faire plus mieux docu réel...), P.A est d'ores et déjà une petite bombe au box office : en un seul week end (celui du 11 et 12 octobre), il a rapporté plus de 7 millions de dollars de recettes dans moins de 200 salles aux Etats-Unis et au Canada. Depuis, sa combinaison de salles est passée à un millier et, au moment où je tape ces lignes, le film en est à 30 millions de dollars de recettes ! Hallucinant pour un budget de moins de 20 000...

C'est bien joli tout ça...

Mais ça ne nous dit pas si oui ou non, ce "Blairwitch de 2009", comme j'ai pu lire à son sujet, tient toutes les promesses de sa bande annonce aguicheuse. Hélas, trois fois hélas, nos avis étaient unanimes en sortant de la salle : NON.

Pour la faire courte et éviter de spoiler ce qu'on va dire dans le flash Scuds : on est très très loin du trouillomètre de Blairwitch ou même de Rec, basés sur le même principe de la caméra à l'épaule/vrai-faux docu retrouvé quelques années après les incidents relatés dans le film.

Assez lourdingue, l'intrigue met du temps, trop longtemps à démarrer et finalement, enquille plusieurs figures imposées du genre (bruits suspects, portes qui claquent...), déjà vues mille fois depuis La Maison du diable de Wise. Les acteurs qui jouent le couple Micah/Katie sont assez horripilants et surtout, la plupart des scènes jouées de jour, hors de la chambre à coucher (cadrée en night vision en plan fixe pendant les nuits hantées de nos amants maudits), se révèlent aussi passionnantes qu'une partie de Scrabble avec mémé. Et puis alors moi, les caméras à l'épaule qui dansent le jerk en permanence sous prétexte qu'il s'agit d'images docu, j'en peux vraiment plus. Je suis peut-être trop vieux, allez savoir...

Tout n'est pas à jeter dans Paranormal Activity. Certaines séquences vous collent quand même une pétoche bien réelle (obligé, en même temps, vu qu'on a tous peur du noir), au premier rang desquelles le final riche en... stop ! Je n'en dis pas plus. Il y avait en tout cas des rires dans la salle, certains foncièrement moqueurs mais d'autres que je soupçonne d'origine plus nerveuse...

Voilà... Paranormal Activity n'est pas le nanar du siècle comme le soutient Yann (dit "la hyène"), mais UNE FOIS DE PLUS, une déception à la mesure du choc que m'annonçait ce fucking marketing depuis deux mois. CHIER !

End of transmission (houuu...houuu..... je suis le fantôme de John Hughes qui vient hanter ce blog... tremble Plissken !)

Flash Scuds sortie de projection de Paranormal Activity, à découvrir prochainement sur www.scuds.tv


Paranormal Activity, de Oren Peli. Avec : Katie Featherstone, Micah Sloat, Mark Fredrichs. Durée : 94 minutes.
Sortie France le 2 décembre.
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lundi 12 octobre 2009

Paranormal Activity sort en France le 2 décembre. Voilà !

Ouaaaaah ! Distribué en France par les bienfaiteurs de chez Wild Bunch, le film ultra buzz du moment Paranormal Activity, d'Oren Peli sortira en France le 2 décembre et d'ores et déjà, une projection de presse est organisée le 19 octobre, soit lundi prochain. Je pense qu'on peut raisonnablement penser que j'irai y faire un tour et pourquoi pas avec les Scuds, tiens...

Pour un petit récap sur ce film qui, visiblement, fait trembler de peur plusieurs festivals depuis quelques semaines, consulter ce post-ci avec trailer, pitch et tout le toutim.

Ha sacrebleu, je suis excité comme une pucelle sur ce coup-là ! Ne reste plus à prier bien fort les divinités geek pour que l'affaire ne tourne pas au coup marketing surgonflé et que la déception ne soit pas au rendez-vous comme avec District 9...

E.O.T Lire la suite...

On dit quoi ? On dit "Merci Allo Ciné !"

Bon les aminches, je sais je déconne... quasiment un mois d'absence. En plus j'avais prévu de ne réécrire dans le coin qu'après le 17 octobre, date à laquelle je modère un débat au festival Scénaristes en Série d'Aix-les-Bains, débat consacré à l'essor des webfictions.

C'est un peu ma first time en matière de modération de débat (et sans doute la dernière, ils vont me dégager là bas à coup de pompe dans le train, je le sens) et donc la préparation me prend beaucoup de temps. Donc... j'avais prévu de ne poster à nouveau ici que le 18/10 ou après....

MAIS...

Mais la très aimable parenthèse d'Allo Ciné (c'est ici !) au sujet de ce blog, dans le cadre d'un article consacré à l'excellentissime série britannique Deadset, me pousse tout de même à sortir brièvement du bosquet pour remercier le camarade Thomas Destouches, responsable de la section séries télé d'Allo Ciné et à qui je dois cette citation dans le site.

Merci à toi, confrère, et maintenant que je vais avoir 100000 clics/jour sur JPFM grâce à toi, je t'invite chez Guy Savoy la semaine prochaine !

Stay tuned les aminches, I'll be back bientôt et merci beaucoup à ceux qui me font savoir qu'il est temps de me sortir les doigts du... ha non, fini les grivoiseries, ce blog est fréquenté par la crème désormais !

See you très bientôt, y aura du lourd à venir...

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mercredi 16 septembre 2009

Paranormal activity : révélation ou escroquerie ?



Bon, les aminches...

Au cas où le trailer officiel de Paranormal activity vous aurait échappé, en revoici une petite louche. Rappel des faits : réalisé par un certain Oren Peli pour (dit la légende) seulement 11 000 dollars et tourné en une semaine, ce tout petit film distribué par Paramount suit le cauchemar d'un jeune couple qui a décidé de filmer les phénomènes surnaturels qui troublent la quiétude de leur nouveau nid d'amour.

Le buzz enfle tranquillement sur le web depuis quelques semaines, savamment nourri par Paramount sur Twitter au gré des projections dans divers festivals américains (dont celui de Telluride).

Le nouveau trailer m'agace un poil pour son plagiat éhonté d'un procédé déjà utilisé par le marketing de Rec l'an dernier (on nous montre en night vision les réactions du public terrifié pendant une projection).

N'empêche : à la fin de la bande annonce, visionnée cette nuit avant de me coucher, j'ai senti une certaine précipitation à rallumer la lumière. Alors : super film de pétoche ou grosse baudruche montée en épingle ? A nous de juger bientôt. Sortie américaine le 25 septembre (et le 14 octobre en Belgique, avis à mes lecteurs du plat pays, je sais qu'ils sont nombreux). Et en France au fait ? Anyone, anyone ?

Pour le site web officiel, c'est ici !

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mardi 15 septembre 2009

Top 5 des films de Patrick Swayze (according to Plissken)


Je hais 2009. C'est officiel. Une année de merde à plus d'un titre en ce qui me concerne et, pour le sujet qui nous intéresse, une sale hécatombe. Dépêche de toi de finir, salope et qu'on n'en parle plus.

Foin de nécro déprimante pour ce post, je viens de donner avec John Hughes. Je me contenterai donc, pour saluer notre Bodhi d'amour trop tôt emporté par une dernière vague, de rappeler qu'entre un Dirty dancing, un Roadhouse et un Ghost, il avait aussi été un bon acteur dans de bons - voir de grands - films. Et ce sans rouler des mécaniques ou se la jouer romantique de Prisu. Allez en voiture Simone, fais péter le top. Et prenez soin de notre Bodhi, hein, dieux des eighties, réservez lui une suite royale au paradis des gourous surfers.



5) Retour vers l'enfer, de Ted Kotcheff (Uncommon valor - 1983)


Pitch : Un an avant les pouilleux Portés disparus incarnés par Chouck Mourris (ok,ok : j'ai encore plagié les Nuls pour ce détournement patronymique), le réalisateur de Rambo fignole cet action movie réac et bourrin où un ex marine retraité (Gene Hackman) décide de se lancer dans la fabrique de binioux. Nan je déconne, en fait, il décide de monter un commando spécial pour récupérer des prisonniers portés disparus au Vietnam (dont son fils).
Swayze rôle : le lieutenant (ou sergent ? chai plus...) Kevin Scott, expert en karaté et instructeur du commando. Les membres du groupe détestent ce jeune freluquet qui, contrairement à eux, n'a pas fait le 'Nam...
Verdict : dans ce troisième rôle à l'écran après l'obscur Skatetown (1979) et Outsider, Swayze se fait remarquer dans le genre cheffaillon à fleur de peau méprisé par le bataillon de viet vets recruté par Hackman. Scène clé pour Swayze : une rouste mémorable que lui assène Sailor (Randall Tex Cobb), après deux minutes de combat mano à mano. K.O, mais respect des anciens, qui apprennent que le petit veut lui aussi récupérer son papa capturé par ces putains de vietcongs. Peuchèreu ! Bon je blague mais, si l'on écarte la Reaganerie profonde du machin, Retour vers l'enfer est un excellent petit film kaboum truffé de sacré trognes qui font toujours plaisir à voir (Hackman ! Robert Stack ! Fred Ward ! Reb Brown !...). J'avais vu le film à sa sortie en salles et imprimé depuis lors le visage de Swayze.


4) L'Aube rouge, de John Milius (Red Dawn - 1984)

Pitch : Deux avant le risible Invasion USA de Joseph Zito (avec Chouck Mourris, encore lui !), John Milius orchestrait une agression anti-yankee un peu plus crédible avec cette histoire de dingues. Jugez plutôt : les lycéens de Calumet, dans le Colorado, n'en croient pas leurs yeux bleus quand, en plein cours de trigo, des dizaines de parachutistes tombent du ciel sous leurs yeux... et envahissent les USA, God damn it ! Il s'agit d'une alliance cubano-russe (j'aurais pu écrire "russo-cubaine" mais ca sonnait moins rigolo), lancée dans une grande attaque surprise contre l'Amérique du Nord. Une bande de jeunes ne l'entendra pas ainsi et regroupés en milice, vont se lancer dans une guerre d'embuscades contre l'occupant. Wolveriiiiiiine ! (mais pourquoi je crie comme ça moi ? Réponse ci-dessous)
Swayze rôle : Jed Eckert, leader du groupe de résistants autobaptisé les Wolverines.
Verdict : encore un film bien grave dans son idéologie, reflétant la paranoïa américaine anti-russe typique du premier mandat de Ronald Reagan. Et je ne parle pas de l'invraisemblance du scénario. Mais... c'est John Milius qui réalise (et co-écrit), avec tout le lyrisme et la puissance de feu dont l'homme de Conan était alors capable. Petit plus : là encore, une distribution de fou furieux (Charlie Sheen ! Lea Thompson ! C. Thomas Howell ! Ron O'Neal ! Powers Boothe !). Un vrai plaisir coupable et la confirmation, après Outsiders, que Patrick Swayze a définitivement un physique de meneur d'hommes.


3) Outsiders, de Francis Ford Coppola (The Outsiders, 1983)

Pitch : plongée dans l'univers des rixes entre deux bandes rivales dans l'Amérique des sixties : les Greasers et les Socs, l'une issue des milieux défavorisés l'autre constituée de fils à papa hargneux.
Swayze rôle : Darrel Curtis, grand frère de la petite frappe gominée Ponyboy (C. Thomas Howell). LE rôle qui révèlera Swayze aux directeurs de castings et une partie du public. Protecteur et inquiet pour son frangin, qu'il va pourtant involontairement frapper durant une engueulade, Darrel n'est pas le personnage le plus important du film, mais l'un des plus attachants. La force tranquille de Swayze le balèse s'impose comme une évidence.
Verdict : pas le meilleur Coppola (pour ça, veuillez sonnez au Parrain 2, merci), mais une belle histoire rétro conclue par un très émouvant final. Et puis... ce casting... quoi... de ouf' !!! Coppola suprême révélateur. Swayze était vraiment de tous les bons coups à l'époque - il retrouve C. Thomas Howell, Ralph Macchio, Diane Lane (mama mia...), Emilio Estevez, Matt Dillon, Tom Cruise...


2) Donnie Darko, de Richard Kelly (2001)

Pitch : heu... je... ca se passe en 1988 dans une bourgade de Virginie et Donnie Darko est un ado perturbé, persuadé que la fin du monde est proche. Un mec en costume de lapin lui cause en rêves, un moteur d'avion se casse la gueule dans sa chambre, les trois quarts de son entourage ont l'air cintrés et tout cela est très, très, très bizarre. Pas revu depuis sa sortie donc souvenirs flous mais ce film m'a quand même beaucoup marqué par son atypisme absolu.
Swayze role : le prédicateur pédophile Jim Cunningham (enfin bon, on ne sait pas tout de suite qu'il est pédophile, c'est un twist qu'on apprend vers la fin. Heu oui, je viens de majorspoiler et je m'en excuse... hem...).
Verdict : étiqueté tocard depuis un bail, Patrick Swayze fait un come back sinon fracassant, du moins émouvant en rappelant à tous les moqueurs quel très grand acteur il peut être, même dans ce petit rôle de notable bien sous tous rapports mais pervers jusqu'à la moelle. Une performance risquée pour son image, aux antipodes de ses ex performances de gros bras, et dont il se tire la tête haute. Respect forever.


and... NUMBER ONE : POINT BREAK, de Kathryn Bigelow (1990)

Pitch : un gang de braqueurs de banques affublés de masques à l'effigie d'anciens présidents américains sème la terreur à L.A. Le jeune agent fédéral Johnny Utah (Keanu Reeves) mène l'enquête en infiltrant une bande de surfeurs casse-cou qu'il soupçonne d'être les truands recherchés. A la tête des accros de sensations fortes pistés par Utah : l'ultra charismatique Bodhi.
Swayze role : à votre avis ?
Verdict : une comédie très très nulle, mal jouée et pas drôle, nommée me semble-t-il Brice de Nice, a contribué en 2004 à la ringardisation (du moins en France) de ce très grand thriller haletant signé de la géniale ex-girlfriend de Cameron. Point Break passe depuis pour, au pire, un nanar limite kitsch, au mieux pour un plaisir coupable. Lourde erreur : il s'agit sans doute d'un des meilleurs films d'action de ces trente dernières années, dont les morceaux de bravoure généreusement accumulés sont cadrés avec une clarté, une lisibilité et une efficacité hélas passées de mode depuis les bouillies épileptiques imposées par la trilogie Bourne (que j'aime bien par ailleurs). Avec Bodhi, Swayze incarne un salopard ultime à des années lumières de ses lovers plus ou moins énervants de Dirty dancing, Ghost et (rires) Roadhouse. Un fauve fascinant ne vivant que pour une danse perpétuelle avec la mort, jusqu'au grand saut final. Un très beau rôle pour un très, très bon film.


Voilà, repose toi bien Patrick, tu l'as courageusement mérité.

End of transmission... (bon la prochaine fois, je cause d'un mec VIVANT)

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John Hughes : il était l'un des nôtres


Salut les aminches, Plissken here... J'avais débuté la rédaction de ce post quelques jours après la mort de John Hughes puis... mes galères de déménagement et de connexion, suivies d'une panne créative l'ont laissé inachevé... Jusqu'à ce soir, où j'ai repris le texte pour enfin en venir à bout. J'allais quand même pas laisser partir le papa de Ferris Bueller sans lui dire un dernier au revoir, même à la bourre ! Y a quelqu'un pour me contredire ? Anyone, anyone... ?


John Hughes : il était l'un des nôtres.


J'ai mis du temps à dégainer ce petit billet parce qu'à l'approche de la quarantaine, on a toujours du mal à écrire sur la mort de son adolescence. Et la disparition de John Hughes, après celle de Michael Jackson, sonne certainement un peu plus le glas de mes années de jeune freluquet. Oui je sais, à 37 ans, il serait temps de lâcher prise. Pas si simple...

J'ai également traîné à rédiger ce post parce que je ne voulais surtout pas bâcler mon tout petit message d'adieu au "Steven Spielberg de la comédie ado", comme l'avait surnommé dans les années 80 l'ancien patron de la Paramount, Ned Tannen. Alors j'ai pris mon temps.

Je lis que Hughes est parti terrassé par un infarctus à Manhattan, à 59 ans, et je n'arrive pas à le croire. Cette nouvelle me colle un blues monstrueux. A découvrir sur le web les réactions sincèrement bouleversées de plusieurs internautes et journalistes de ma génération, je reçois un écho réconfortant à mon désarroi. Soulagement. Je ne suis pas seul à vivre cette disparition précoce comme un choc. Pardon d'avance de resservir le poncif du vieux nostalgeo mais les films de John Hughes, au moins quatre d'entre eux (il n'en a réalisé lui-même que huit !), m'ont touché et accompagné jusque dans ma vie d'adulte au même titre qu'autant d'amis chers et complices de toujours.


The Breakfast Club (1985)

Comme je le rappelais dans un post précédent consacré à La Folle Journée de Ferris Bueller, j'attribue aux oeuvres réalisées et/ou produites par Hughes non seulement une très grande valeur cinématographique mais en plus un pouvoir sensoriel instantané. Un déclencheur de souvenirs imprescriptibles.

Les images et la bande originale de Breakfast Club, puissamment portées par le "Don't you forget about me" de Simple Minds, me renvoient directement à mon année de 3e. Mes premières claques amoureuses, ma timidité insurmontable avec les filles, l'envie d'être comme certains minets du bahut toujours mieux habillés et plus cools, mes premiers émerveillements de cinéphile, les heures de colle, le top 50 sur Canal +, mes soirées passées à dévorer Strange et Starfix, les fous rires en cours de récré et à la cantine avec les copains...

Sixteen candles (Seize bougies pour Sam en VF) et Pretty in Pink (ce dernier fut écrit/produit par Hughes et réalisé par Howard Deutch) me rappellent à quel point j'étais amoureux de Molly Ringwald, introuvable idéal de copine dysfonctionnelle au charme foudroyant.

La Folle Journée de Ferris Bueller me renvoie en un claquement de doigt à mon année de Terminale et aux innombrables soirées passées avec ma bande de potes à nous injecter ce classique à hautes doses, ivres de rire et d'insouciance (et de beaucoup de Tequila !)...


Dans les années 80, Hughes fut donc à juste titre considéré comme le roi de la teenage comedy. Un trône a priori douteux, si par ce genre l'on entend la kyrielle de purges demeurées, démago et marketées qui l'ont illustré, depuis la série des Porky jusqu'aux American Pie en passant par les sucreries disneyiennes pop featuring Hannah Montana ou les Jonas brothers. La particularité des meilleurs films de John Hughes résidaient dans le fait qu'ils regardaient leur public, les ados, droit dans les yeux et non pas de haut.

Seize bougies pour Sam, Breakfast Club et La Folle Journée de Ferris Bueller, ses trois joyaux, nous tendaient un miroir à peine déformé de nos propres émotions de collégiens/lycéens. Dans ces films, on ne baisait pas des tartes fourrées, on n'éjaculait pas dans un verre de bière offert à ses copines, on ne se roulait pas dans la merde et le vomis parce que, quelque part dans leur triste bureau de Burbank, une poignée de producteurs beaufs et leurs exécutants avaient décidé que tel devait être le menu d'une comédie ado normalement constituée. Les "teenage movies" de John Hughes étaient ceux d'un gentleman qui n'avait pas besoin de la vulgarité pour toucher nos coeurs et nos tripes.

John Hughes avait la trentaine bien tapée au moment de nous pondre ses petites perles générationnelles. Mais il restait un ado jusqu'à la moelle. "Il a une mémoire incroyable - visuelle, audio, émotionnelle - de ses propres années lycée" déclarait à son sujet dans Time Magazine l'acteur James Spader, à l'époque de Rose bonbon/Pretty in Pink (écrit et produit par Hughes) .

Issu d'une famille moyenne du Michigan, Hughes a passé son adolescence à Northbrook, petite ville de la banlieue nord de Chicago où il finira par tourner la plupart de ses films, dont Ferris Bueller par exemple. L'écoute du commentaire audio de Hughes dans l'édition DVD collector de Ferris Bueller apporte d'ailleurs de précieuses informations sur tous les souvenirs personnels qu'il disséminait à travers ses personnages. Il fut lui même un adolescent discret et solitaire, ostracisé aussi bien par les intellos que par les sportifs du bahut et donc souvent placé en position d'observer ce qui se passait à sa droite comme à sa gauche. On imagine qu'il a nourri pendant ces années son talent de croqueur hors pair des moeurs de son époque ; talent d'abord mis au service de la publicité puis comme auteur de chroniques pour le magazine comique "National Lampoon".

La Folle journée de Ferris Bueller/Ferris Bueller's day off (1986)

En tant qu'ado, Hughes a donc certainement vécu mille fois la solitude ou le malaise de certains de ses personnages - je pense au dépressif Cameron (Alan Ruck) dans Ferris Bueller, au "Geek" de Seize bougies pour Sam (Anthony Michael Hall) mais aussi, dans ce même film, à Samantha et ses 16 ans gavés de spleen. Ou encore à ces cinq ados collés en retenue dans Breakfast Club, tous issus de classes sociales si éloignées mais dont les préjugés mutuels s'effriteront vite devant leurs innombrables frustrations communes. Mieux qu'aucun autre, Hughes a su ainsi greffer à l'humour désopilant de ses comédies une sensibilité et une compréhension rare de l'adolescence dans toutes ses dimensions. La colère, la mélancolie, l'angoisse, l'euphorie, l'insouciance, l'arrogance, la candeur, la fougue. La beauté d'une idylle naissante. La détresse du bon copain, amoureux sans retour de celle qui ne s'en apercevra jamais. Le besoin d'amour et d'amitié, leur importance capitale.

J'associe aux réalisations de Hughes, non seulement des souvenirs et des sensations très personnelles mais aussi de purs moments de bonheur cinéphilique. De l'extraordinairement jouissif intermède musical de Ferris Bueller aux poignantes dernières minutes d'Un ticket pour deux, qui s'abattent sur vous sans crier gare après 90 minutes de rire franc, John Hugues m'a touché. Ses héros bancals m'ont accompagné. Ses innombrables scènes cultes m'ont nourri - "Anyone, anyone ?"... Il faisait des films qui nous aidaient et nous aident toujours, dans les jours sans, à nous sentir un peu moins seuls.

Un ticket pour deux/Planes, trains and automobiles (1987)

Une ultime preuve, s'il en fallait une, de cette empathie du cinéaste avec son public serait la réaction bouleversante d'une fan américaine de longue date du réalisateur. Son témoignage, posté sur son blog peu après la mort de Hughes, a ému des milliers d'internautes, moi le premier. Elle s'appelle Alison Byrne et raconte comment, en pleine Breakfast Club-mania, l'ado qu'elle était alors écrivit, un soir de baby sitting, une lettre vibrante au réalisateur pour lui confier à quel point Breakfast Club avait bouleversé sa vie. Comment, furieuse de n'avoir reçu pour toute réponse qu'un formulaire d'adhésion au fan club de Hughes, elle écrivit une seconde missive gonflée de colère et de déception qui, cette fois, toucha l'intéressé qui lui répondit en personne. Alison raconte ensuite la longue relation épistolaire qui allait l'unir à cet homme qu'elle ne rencontrera jamais mais qui deviendra, au fil des échanges, son plus proche confident.

Documents visiblement authentiques à l'appui - le ton de son récit interdit toute suspicion de bidonnage - Alison révèle la profonde humanité du réalisateur qui, dans ses lettres, finissait lui aussi par tomber l'armure et se confier à son tour. Notamment sur les raisons de son retrait de la vie hollywoodienne au milieu des années 90. Et à la fin de sa poignante élégie, Alison nous redit sa propre détresse, son immense peine et ses larmes devant la perte d'un ami à distance qui a tant compté pour la femme qu'elle est aujourd'hui devenue.

Si les films de John Hughes vous ont un tant soit peu touché, je vous recommande la lecture du témoignage d'Alison (cliquez !). Serrement de gorge garanti. Avec des mots bien plus habités que les miens, et une expérience personnelle plus parlante que n'importe quelle nécro, Alison a sans doute écrit le plus bel hommage que j'aie pu lire jusqu'ici sur l'un des héros de mon adolescence. Les innombrables réactions à ce témoignage ne sont pas en reste question émotion.

Au revoir donc, monsieur Hughes. Merci infiniment pour les rires, les larmes et tant d'autres précieux souvenirs.


video
Hommage à John Hughes diffusé dans Scuds 8 (montage : Fanny Bensussan)

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