Bon, alors : la connexion web est rétablie, mais maintenant c'est le taf qui reprend le relais. Avalanche de trucs à gérer jusqu'à vendredi prochain inclus.
Mais je vais pouvoir enfin réécrire ici normalement juste après. Considérons que ces quelques jours d'absence auront été comme des vacances forcées de jpmars. Je fourmille d'idées qui s'accumulent à chaque jour qui passe, donc j'espère vraiment que les quelques uns d'entre vous qui reviennent régulièrement de ce côté-ci de la planète Mars, seront au rendez-vous le week-end prochain.
Y a pas à dire : savoir qu'on est lu, même par une poignée, et qui plus est jusqu'à Vancouver, ça motive !
Au fait, si y en a dans le coin qui ont vu les 15 minutes d'Avatar hier pour le A day, leur opinion m'intéresse.
Bon je retourne à mon appart voir l'avancée des travaux... (voir épisode 147, enfin le post précédent quoi)
Hello les aminches, c'est un Plissken désespéré qui vous parle, en ce mardi matin tandis qu'un technicien Orange tente désespérément de rétablir la connexion web de chez mes parents (où je crèche momentanément because gros travaux chez moi, mais c'est une autre histoire)...
"Un câble a été coupé dans l'immeuble", qu'il me dit ! Ca va être coton... Je suis connecté présentement via une connexion freewifi médiocre et irrégulière qui m'empêche d'écrire de vrais textes inspirés avec toute la concentration requise. J'ai bon espoir que monsieur le technicien finira par résoudre le problème mais ca risque de prendre encore... quelques jours. Le techos vient de me dire qu'il va devoir revenir. Putain !
Bref, n'oubliez pas ce blog et reviendez-y pour voir... cette situation de merde finira bien prochainement par se solutionner !
D'ici là portez vous bien, scuddez bien et... see you forcément soon, je ne lâche pas le morceau.
Les aminches, chui ENERVE !!! Frustration, quand tu me tiens... Momentanément absent de mon repaire en cours de travaux pour six semaines, je suis relocalisé en un lieu où, merci connards d'Orange, la connexion a mystérieusement planté et reste kapoute depuis deux jours.
J'ai sous le coude toute une nécro émue sur John Hughes débutée ce week end et qui n'attends plus que d'être parachevée pour étaler sa nostalgie bluesy sur ce blog.... je fais comment moi ?!? Depuis le taf où j'écris ce minipost, je n'ai pas le loisir de poursuivre tranquillement ma Hughes bafouille, je suis donc obligé d'attendre que les trisomiques de chez France Télécom veuillent bien respecter leur engagement de rétablir la connexion sus mentionnée d'ici ce soir. Croisons les ventouses.
Patience donc, les rebelles, je ne mollis pas, loin de là, mais je suis juste victime temporaire d'un mauvais concours de circonstances.
D'ici le retour très prochain de ma plume foudroyante et martienne, bonjour chez vous !
PS : je viens d'apprendre que Seinfeld sera en France cet automne pour présenter un nouveau programme de son cru au Mipcom de Cannes, c pas génial ça ???
Le film de James Cameron ne sortira en France (et dans le reste du monde) que le 16 décembre prochain mais d'ores et déjà 20th Century Fox a décrété le 21 Août "Avatar day" - ne me demandez pas pourquoi le 21 août, j'en sais rien !
Principe : projeter gratuitement quinze minutes inédites d'Avatar au cours de séances spéciales organisées à partir de 18h, exclusivement dans les cinémas Gaumont et Pathé de onze villes. Voici la liste des villes et établissements concernés. Ha ben oui, coco, faut bien te me la marketer aux petits oignons, ta révolution cinématographique de dans quatre mois !
- Bordeaux : Gaumont Talence
- Lieusaint : Gaumont Carré Sénart
- Lyon : Pathé Carré de Soie
- Marne-la-Vallée : Gaumont Disney Village
- Marseille : Pathé Plan de Campagne
- Montpellier : Gaumont Multiplexe
- Nantes : Pathé Atlantis
- Paris : Gaumont Champs-Elysées Marignan
- Paris : Gaumont Opéra
- Rennes : Gaumont
- Rouen : Pathé Docks 76
- Toulouse : Gaumont Wilson
Si j'ai bien compris, la projection sera en 3D. Le site des cinémas Gaumont&Pathé et de Fox France donneront plus d'infos sur l'événement à partir du 19 août. Bon je vais faire une sieste moi, fait vraiment chaud...
Les aminches il fait chaud, et je ne suis même pas parti du tout en vacances pour cause de fonds détournés par des travaux dans mon appartement terrien. Et je rentre au burlingue ce lundi (sanglots). Bref !
Avant de trouver le temps d'écrire une petite review bien haineuse de Very bad trip, au sujet duquel je ne comprends ab-so-lu-ment pas l'engouement de certains (z'avez fumé de la kryptonite par le cul ou quoi les gars ?), voici le second trailer de Zombieland. Un trailer non censuré en plus, donc ça barbaque pas mal - j'ai juste toujours du mal avec l'hémoglobine en images de synthèse sur certains plans. Woody Harrelson en fait toujours des caisses en gros redneck boulet, mais perso j'adore. j'aime beaucoup aussi les plans urbains apocalyptiques de grandes villes en ruines et infestées de zomblards. Ha oui et pis la référence à Délivrance au début, hi hi !
Le résultat sera peut être décevant à l'arrivée, mais pour l'instant les bonnes vibes du premier trailer (voir post du 21 juin, merci) sont confirmées. Et en plus, y a toujours le "Everybody wants some" de Van Halen. Miam, slurp.
Au passage ce trailer est un "Age restricted" : n'oubliez donc pas de rentrer dans les petites cases noires ci-dessous votre date de naissance (à l'américaine donc en commençant par le mois avant le jour) pour que la bande annonce se débloque. A condition que vous soyez majeurs. Mais qui peut vous empêcher de tricher ? Sûrement pas ce Plissken de Mars. Allez en voiture Simone, fais don'péter le trailer bien bouseux !
L'un comme l'autre pour des raisons très différentes, District 9 et Moon sont deux films extrêmement attendus pour leur capacité annoncée à s'imposer comme les deux nouvelles bombes du genre science-fiction. Je note qu'aux Etats-Unis, ils sont tous les deux classés "R", donc interdits en salles aux moins de 17 ans non accompagnés. Et tous deux sont précédés d'une réputation d'oeuvres radicales, violentes et "in your face". J'en peux plus d'attendre !
Dans Moon, Sam Rockwell incarne Sam Bell, unique occupant d'une base lunaire dont le travail consiste à extraire et envoyer vers la Terre un minerai utilisé comme carburant vert. Son unique compagnon sur la Lune : un super computer baptisé GERTY (dont la voix n'est autre que celle de Kevin Spacey), qui gère le bon fonctionnement de la base et répond aux besoins quotidiens de Sam. Alors que son contrat de trois ans arrive à terme, Sam commence à souffrir de l'isolation et développe des symptômes inquiétants. C'est alors qu'à la suite d'un accident, il fait une découverte aux implications vertigineuses. Film de "hard sci fi" prenant le parti du réalisme à la 2001 (la Nasa a d'ailleurs été consultée), Moon promet une somptueux trip spatial et les superbes images de la bande annonce sont tout bonnement insensées quand on pense au budget de ce film de SF indépendant (5 millions de dollars !!!). Les premières critiques de Moon sont en tout cas dythirambiques et saluent entre autre l'incroyable performance de Sam Rockwell dans le rôle de Bell. On le voit quand en France, ce bijou nom di Diou ???
Dans District 9, produit par Peter Jackson, les aliens ont débarqué depuis trente ans sur Terre, derniers survivants d'un monde en péril. Parqués depuis des années dans un bidonville d'Afrique du Sud, le District 9, ils sont gérés par une compagnie privée, Multi-National United (MNU), qui ne cherche qu'à trouver un moyen pour exploiter leur technologie à des fins militaires. Alors que la cohabitation avec les humains devient de plus en plus problématique, un agent de MNU contracte au contact des visiteurs un virus qui altère son ADN. En pleine mutation, il semble devenir la clé pour décrypter les secrets de leurs armements. Produit pour 30 millions de dollars, District 9 a reçu une critique absolument délirante de Massawyrm, un des contributeurs du site AICN. Le film a été projeté au dernier Comic Con de San Diego où il a fait un véritable tabac.
Entre District 9, Moon et le Avatar de Cameron pour décembre, il semble que cette fin 2009 nous apportera des oeuvres décisives dans l'Histoire du genre le plus chéri des geeks, notre bonne vieille science-fiction. On croise les vingt doigts, les mutants !
Moon, de Duncan Jones. 97 min. Sortie France inconnue (et il faut que ça cesse !)
District 9, de Neill Blomkamp. 112 minutes. Sortie France le 16 septembre
Greetings, programs... Plissken here... Entre deux siestes dominicales, voili le fond de ma pensée sur le Tarantino que j'ai pu voir cette semaine en projection de presse. Enjoy et surtout enjoy le film quand il sortira le 19 août !
Résumé : dans la France occupée, les destins croisés de Shosanna Dreyfus, rescapée d’une famille juive exécutée par les SS, et d’un commando de chasseurs de nazis emmené par le lieutenant américain Aldo Raine. Leur objectif : liquider les hauts responsables allemands présents le soir de la projection parisienne d’un film à la gloire du Troisième Reich.
Voilà, c’est fini. Après 10 ans de gestation dans les synapses de Quentin le fou, 14 semaines de préparation, trois mois de tournage et six de post-production, Inglourious basterds nous délivre enfin d’une interminable attente. Un suspense teinté d’angoisse depuis la projection en mai du monstre à Cannes, d’où résonnaient moult échos assassins sur le résultat. Trop long, trop bavard, grotesque, farce de mauvais goût… Je n’ai pas dû voir le même film. Inglourious Basterds est un monument de plaisir, certes parfois coupable, mais dont les 148 minutes filent à la vitesse d’une balle de Luger. Faux remake de l’italien Une poignée de salopards, d’Enzo G. Castellari (« Inglorious bastards » en version internationale, 1978), dont il ne reprend qu’un squelette de trame, Inglorious basterds n’est d’abord pas un film de guerre, bien plutôt d’espionnage.
Divisée en cinq chapitres, l’intrigue entrecroise deux récits : une vengeance personnelle et un complot allié contre des dignitaires nazis à Paris. La vendetta est celle de la jeune juive Shosanna Dreyfus(Mélanie Laurent) dont la famille se fait, au début, massacrer dans la ferme du paysan qui la cache par les hommes du colonel SS Hans Landa(Christoph Waltz, extraordinaire). Affublé du sinistre sobriquet de « chasseur de Juifs », Landa a été envoyé en France par Hitler pour débusquer ceux qui ont passé les mailles du filet nazi. Shosanna s’extrait in extremis de la fusillade et, trois ans plus tard, se retrouve propriétaire d’un cinéma à Paris sous une fausse identité. Or, l’endroit vient d’être choisi par Goebbels pour accueillir la projection officielle de son dernier film de propagande, « La Fierté de la nation », basé sur les récents exploits du soldat Fredrick Zoller (Daniel Brühl)… et Landa assurera la sécurité de la soirée. Pour Shosanna, l’occasion est trop belle d’un attentat ciblé. Parallèlement, le commandement allié décide lui aussi de profiter de l’événement pour liquider sur place les principaux leaders du 3e Reich : il fait appel pour cela aux services des « Bâtards ». Un commando très spécial de huit soldats juifs américains, emmené par le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt, drôle et bouffi) et dédié exclusivement à de sanglantes missions punitives en Europe contre les nazis. Scalpant leurs victimes, les « Bâtards » sèment l’effroi parmi les troupes hitlériennes. Les destins de Shosanna et des hommes de Raines, l’une ignorant le stratagème des autres et réciproquement, se joueront le soir de cette projection à haut risque.
J’ai écrit plus haut qu’Inglourious basterds était un film d’espionnage mais il s’agit plus sûrement d’un Ovni. Une fête des sens alternant les langues (Anglais, Français, Allemand), les styles (western spaghetti, guerre, espionnage, comédie, épouvante) et les musiques (de Morricone à Lalo Shiffrin en passant par Tiomkin et même… le tandem Bowie/Moroder pour le morceau culte Cat people !). Foutoir laxiste, comme dans le diptyque Grindhouse ? Jamais de la vie ! L’écriture s’avère d’une précision d’horloger, mettant patiemment en place les pièces du puzzle pour lâcher les chiens dans un dernier chapitre de pure folie où une salle de cinéma prend des allures d’enfer de Dante, ricanements d’outre-tombe compris.
Certes, comme toujours chez Tarantino, ça jacte longuement dans Inglourious Basterds. Mais l’exceptionnelle qualité des dialogues, y compris lors des échanges en Français, les sauve de la logorrhée auto-suffisante. Pourquoi ? Parce qu’ici, Tarantino ne s’égare pas en conjectures masturbatoires sur les vertus du Big Mac, de la Pina colada ou d’un nanar culte de karaté. Dans IB, les joutes verbales sont autant de parties de faux-semblant entre les protagonistes, les uns (nazis) cherchant à démasquer les autres (alliés, Juifs), nourrissant ainsi une dynamique du chat et de la souris. Tension garantie.
Témoin le sublime premier acte où l’implacable colonel Landa, parfait salopard onctueux, feint l’amabilité et le simple contrôle de routine face au fermier français Perrier Lapadite qui, lui, feint de ne pas comprendre que Landa sait déjà qu’il cache dans sa cave la famille Dreyfus. Filmée à la Sergio Leone avec force gros plans sur les visages, la séquence prend son temps mais vous tient par les cojones jusqu’à ce que la mort abatte ses cartes. Et dans la peau de Landa, Christoph Waltz impose instantanément le plus inoubliable bad guy de toute la filmo de Tarantino. Sa palme d’interprétation à Cannes n’est que justice. Plus tard, dans la jubilatoire scène de l’auberge La Louisianne, trois Bastards grimés en officiers teutons et leur taupe, l’actrice allemande Bridget von Hammersmark (Diane Kruger, éblouissante), devront faire gober leur subterfuge à un major soupçonneux. Une fusillade brève mais tétanisante renvoyant à Reservoir dogs va clore ce poker menteur d'anthologie. Etourdissant !
La violence, comme dans presque tous les Tarantino, est omniprésente dans Inglourious basterds. Ponctuelle, elle éclate en décharges brutes et sans aucune retenue. Défouloir cathartique, le film réserve un traitement particulièrement sadique aux nazis. Scalpés, écrabouillés à coup de batte de baseball, brûlés vifs, scarifiés, égorgés, criblés de centaines de balles… On risque d’entendre s’élever ici et là certaines voix pour s’interroger sur la moralité (amoralité) de ce parti pris et les intentions du cinéaste. A-t-il voulu susciter une réflexion ? Se livrer simplement au pur plaisir de massacrer « pour de faux » et sans mauvaise conscience les pires bourreaux du XXe siècle ? Les historiens ne manqueront également pas de tiquer devant la liberté totalement décomplexée prise par Tarantino avec le sort d’Hitler lui-même dans le chapitre final. Et le réalisateur s’expose au risque de déclencher, chez certains esprits mal tournés, des interprétations malsaines de ses débordements. Mais soyons clairs : Inglourious Basterds est une uchronie, un fantasme fun délesté de tout réalisme historique. Son seul « message », délivré dans l’halluciné climax, est une métaphorique déclaration d’amour au cinéma, assez puissant selon Quentin pour changer le cours de l’Histoire.
Les rats de cinémathèques vont se repaître de leur habituelle ration de références et clins d’oeils. Via les dialogues, la musique, l’image ou les guest stars, Tarantino rend hommage pêle-mêle aux films de genre italiens des années 60/70, à la Nouvelle vague, au cinéma allemand. Ainsi qu’à des classiques comme Le Dernier train du Katanga (dont l’acteur principal Rod Taylor joue ici le rôle de Churchill), Les Douze salopards, Les Canons de Navaronne, La Féline, Le Sang des autres… la liste est longue. Exécutée par un caviar de casting qui n’oublie pas les copains (le réalisateur Eli « Hostel » Roth, dans le rôle du sergent Donowitz, le massacreur à la batte. Amusant !), la ludique symphonie des salauds sans gloire vous emporte par sa fougue, son audace et sa liberté. Nul ne sait comment elle vieillira mais sur le moment, seul compte le plaisir intense et incomparable de voir un VRAI film. Entre une pelloche-valium française (au hasard : Welcome) et une dégénérescence numérique ricaine (au hasard : Transformers 2), ça fait du bien. Inglourious Basterds m’a rappelé pourquoi j’aimais le cinéma. J’ai déjà dit « merci » à Pixar dans une précédente critique alors… Danke Quentin !
Inglourious basterds, de Quentin Tarantino (2h28). Sortie nationale le 19 août
Salut, foule en transe, Plissken here. Là-Haut est sorti hier en salles. Pour les inconscients qui se demandent encore si le dernier Pixar vaut qu'on y claque ses euros, voilà mon verdict. Enfin, c'que j'en dis moi hein, vous savez, j'dis ça, j'dis rien ! Allez en voiture, Simone...
DAS PITCHOVSKI
Brisé par la mort de sa femme Ellie, le vieillard Carl Fredricksen décide un beau jour de tout plaquer pour réaliser leur rêve : rejoindre un territoire perdu d’Amérique latine, destination fantasmée de leur passion commune pour l’aventure. Pour ce faire, Carl s’envole avec sa maison, reliée à des milliers de ballons à l’hélium. Mais un invité surprise va perturber ses plans : Russel, jeune scout solitaire passionné lui aussi par l’exploration.
DIE KRITIKSKAIA
Comment font-ils, mais comment font-ils ? Alors qu’à chaque chef-d’œuvre, on guette le premier coup de mou des génies de chez Pixar sur leur film suivant, ces dieux de l’animation reviennent systématiquement avec une nouvelle perle. Après la féérie kubrickienne Wall-E, dont la sortie récente en DVD nous rappelait son irrésistible pouvoir émotionnel jusqu’à la dernière goutte du générique final, Là-Haut désarmera une fois encore les cyniques les plus farouches. Pour sûr, on se doute bien que depuis sa création en 1985 et ses dix long métrages au compteur, la société dirigée par John Lasseter maîtrise à la perfection l’art d’émerveiller les foules -« Ils savent toujours appuyer sur les bons boutons pour déclencher l’émotion » se plait à me rappeler régulièrement un confrère aigri.
Mais, à moins d’un silex à la place du palpitant, comment ne pas sentir sa gorge se serrer à tant de reprises dans Là-Haut, comme lors de ce premier quart d’heure bouleversant résumant la vie du vieux Carl et ses drames, expliquant ainsi l’amertume et l’égoïsme du septuagénaire ? Comment ne pas trépigner d’euphorie devant les palpitantes péripéties, dignes d’un Indiana Jones, de Carl et de son jeune boulet Russel, embarqués au fin fond de l’Amérique latine dans cette rocambolesque aventure impliquant également un vieil aventurier mystérieusement disparu depuis des années ? Et comment ne pas éclater de rire devant cette averse de gags irrésistibles, gavés de références aux serials ou à la SF vintage – voire l’équipe de molosses parlant via un transistor fixé à leur poitrine ? Everest de l’animation, rayon de soleil aux tons aussi variés que les couleurs des ballons emportant aux cieux la maison de Carl, Là-Haut vous rend tout simplement heureux pendant ses 95 minutes de projection et même au-delà. Le tout en ayant réussi à illuminer les yeux de vos enfants tout en abordant de front et avec subtilité des thèmes aussi graves que la mort, le deuil, l’abandon de ses rêves et la solitude. Aussi poétique que l’était Wall-E mais en restant les pieds sur terre (enfin presque…), Là-haut est une ode à la vie, aussi généreuse et limpide dans son scénario que dans sa parure visuelle – le survol du monde par la maison de Carl est à couper le souffle, surtout en 3D, format dans lequel Là-Haut fut tourné (une première chez Pixar).
A la fin de ce chef-d’œuvre (le mot est lâché, désolé), on a ri, pleuré, on s’est attaché sans réserve à ce vieil homme et ce marmot rondouillard, unis dans leur solitude respective et finalement grandis par leur destin commun. A noter pour finir l’excellente prestation, en VF, de notre Aznavour national, fort judicieusement choisi pour doubler Ed Asner dans le rôle de Carl. Et mention spéciale, j'allais l'oublier, à Michael Giacchino, compositeur maison de chez Disney (le soundtrack de Lost, c'est lui), pour ses violons toujours attendrissants, jamais mièvres. Merci Pixar !
Là-Haut (Up), de Pete Docter et Bob Peterson. En salles depuis le 29 juillet.
On l'a surnommé "Quasimodo" tellement il est déformé par quelques soucis techniques indépendants de notre volonté mais malgré tout, je considère humblement qu'il s'agit là de notre meilleur Scuds !
MAIS foin de digressions oiseuses et place aux images !
Au sommaire : - Que penser de la saison 5 de Lost ? - Gadgets tech : pourquoi tant d'addiction ? - Geek chic ou geek chiqué : la récupération du mot par tout et n'importe qui nous les brise MENU !
Dimanche 19 juillet, j'ai assisté, à l'initiative de mon camarade David "Diamond Dave" Mikanowski, à la projection de La Forteresse Noire (The Keep), de Michael Mann.Un événement (le mot est faible au vu de la rareté subatomique du film : aucun DVD, quasiment pas de diff télé...) organisé à la Cinémathèque de Paris, dans le cadre d'une rétrospective consacrée au génial réalisateur du Dernier des Mohicans, Heat, Le Sixième sens ou encore Collateral.
La cinémathèque française : c'est au métro Bercy (ligne 6 et 14) à Paris
Ha ben oui, c'est bien au programme ! Mais d'où vient cette grosse trace de doigt sur Michael ?
Une salle quasi remplie de fans du cinéaste. Dommage que le débat prévu après projection ait été annulé au dernier moment !
Dans la salle Henri Langlois, quasi-bondée de cinéphiles avertis, un silence religieux régna pendant toute la durée de ce voyage au coeur des ténèbres. Une véritable expérience visuelle et sonore pour un film certes tronqué et partiellement raté (voir plus loin) mais indéniablement singulier et fascinant.
Car bien avant de péter dans les frimats des frou-frous friqués mais creux de Miami Vice et Public Ennemies, Michael Mann pataugeait dans la boue, le satanisme et les ambiances glauques pour La Forteresse Noire, en 1983. Second film cinéma du réalisateur (après Le Solitaire, avec James Caan), The Keep est à la base une adaptation du roman du même nom signé F. Paul Wilson et paru en France sous le titre Le Donjon (ed. France Loisirs).
L'histoire "Dans une forteresse de Transylvanie, un détachement de soldats allemands réveille un démon prisonnier depuis des siècles. Le combat pourrait bien mal tourner pour les enfants du Führer, car cette fois l'adversaire n'a que faire des mitrailleuses : il est le Mal en personne. Celui de toutes les religions, de tous les livres interdits, de toutes les imaginations. Et les caprices mégalomanes et meurtriers du petit Hitler lui redonnent volontiers le goût de vivre... et de tuer"
Je me suis permis de citer le résumé du film tel qu'énoncé dans le Starfix Hors Série paru en avril 1984 et consacré à L'Etoffe des héros ET La Forteresse Noire. Un numéro sublime dont Mr Mikanowksi a bien voulu me prêter un exemplaire dont je reproduis la couv' ci dessous.
J'ajoute au résumé ci-dessus un autre développement important du scénario : alors que les allemands se font décimer chaque nuit par la force invisible qu'ils ont réveillé, une unité de SS fait sortir d'un camp de concentration le professeur Cuza (joué par Ian "Gandalf" McKellen), spécialiste d'histoire médiévale. Selon l'ecclésiaste du village roumain abritant le donjon, Cusa est le seul à même de décrypter les textes gravés dans les murs de la forteresse et identifier le démon qui massacre les soldats allemands : un certain Radu Molasar.
Le background
En 1983, Michael Mann a quarante ans mais fait encore figure de débutant au cinéma, après avoir fait ses preuves sur le petit écran en tant que scénariste de Starsky et Hutch. Il est d'ailleurs amusant de lire ce qu'écrit à l'époque Starfix : "En France, la télévision est une boîte noire avec des abrutis enfermés à l'intérieur. Aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne, c'est un réservoir de talents en ébullition permanente (...) Alors que dans notre patrie Cochonou, on en reste aux Amours d'une princesse coincée (tous les jours sur la 2, à 13h30. C'est à hurler de rire), de l'autre côté de l'Atlantique, des feuilletons comme Twilight zone, Kojak ou même Starsky et Hutch ont été l'occasion pour des metteurs en scène débutants d'apprendre sur le tas à raconter en une heure des histoires qui tiennent debout, tout en respectant des budgets et des délais draconiens (...) Michael Mann est un pur produit de la télévision" Et oui les gars, 26 ans plus tard on a l'impression que rien n'a changé ou presque... Mais passons !
Avec sur son CV de réal' le téléfilm Comme un homme libre et le film Le Solitaire, deux oeuvres acclamées par la critique, Mann accepte la proposition du studio Paramount d'adapter le roman d'épouvante Le Donjon. Son ambition est d'en tirer un film d'horreur ultra stylisé et philosophique qui exploiterait l'intrigue initiale pour livrer une parabole sur le mal absolu. Mais pour le réalisateur, l'aventure confinera au cauchemar. Un tournage interminable, entre les studios de Shepperton (pour les décors de la pièce principale du donjon) et le pays de Galles, où le village roumain du film a été entièrement reconstitué au creux d'une carrière d'ardoise désaffectée. Il fait froid, il pleut et les prises de vue s'étaleront sur un an, suite à d'innombrables soucis techniques et à la maniaquerie de Michael Mann. Dans le Starfix hors série, tous les intervenants interviewés, de la comédienne Alberta Watson (alias Eva, la fille de Cusa) au chef opérateur Alex Thompson (Excalibur), témoignent de l'âpreté de l'expérience.
Pour les curieux, le Starfix hors série de 1984 est un document référentiel incontournable, avec des articles et interviews passionnants sur les conditions de tournage du film. Sans oublier une iconographie aux petits oignons et une critique toute en nuances signée François Cognard, un des piliers du mag.
Avant de juger trop hâtivement The Keep et son côté daté, si un jour vous croisez sa route, gardez donc à l'esprit qu'il s'agit là d'un "grand film malade", comme on dit. Une oeuvre tournée dans les pires conditions avant d'être dépiautée, ratiboisée, ratatinée par un studio Paramount crispé sur une durée standard de 90 min quand son réalisateur était parvenu à un montage initial de 3h30. Et un spectacle diminué par la mort tragique du responsable des effets optiques en pleine post production. A noter que notre Bilal national fut chargé au dernier moment par le réalisateur de concevoir le design final de Molasar.
Ci dessus : au coeur de la forteresse, l'officier SS Kaempfler seul face à la bête. Le Mal face au Mal.
Kaempfler (Gabriel Byrne) et une arme dérisoire contre son Nemesis.
La critique
La première demi heure de The Keep est réellement captivante. Sur des percussions napées de synthés orchestrées par le groupe allemand Tangerine dream, la caméra suit une noria de jeeps de la Wehrmacht progressant entre rocs et forêt des Carpates, jusqu'à une passe étroite ou se niche le village abritant la fameuse forteresse. C'est ici que le détachement de la Wehrmacht commandé par le capitaine Woermann (Jurgen Prochnow) doit stationner pour empêcher tout passage des troupes russes. Pas de paroles durant ces longues minutes d'exposition : juste les rythmes tribaux de la bande son, le bruit des véhicules et une ambiance d'oûtre monde, renforcée par l'anachronisme des synthétiseurs. On pense alors énormément au Convoi de la peur de Friedkin et son ambiance poisseuse et baroque. Logique : les deux films empruntent leur musique au même groupe et le design de leurs sublimes décors au même homme (John Box).
Le charme de The Keep opère à plein lors de l'arrivée des Allemands puis leur installation dans le donjon : l'action ne traîne pas, le décalage entre le contexte historique et les synthétiseurs intrigue et bientôt, certains plans vertigineux vous sautent à la rétine. Témoin ce zoom arrière hallucinant révélant l'immensité de l'antre du Molasar dans laquelle deux troufions viennent de pénétrer. Les malheureux paieront chèrement leur imprudence en réveillant l'esprit du Mal, qui absorbera leur âme avant de les réduire en charpie. Une séquence impressionnante et glacée qui contribue à faire de The Keep un trip sensuel, une expérience esthétique, hypnotique, mystique.
L'entrée de la forteresse : un décor colossal érigé aux studios anglais de Shepperton
Au bout de 45 minutes hélas, les coupes sombres dans le métrage se ressentent violemment: certaines scènes s'enchaînent sans transition et le ratage complet de pans entiers d'effets visuels, abîme cruellement l'attention du spectateur. Dés l'apparition (comme un cheveu sur la soupe) de Scott Glenn dans le rôle l'ange exterminateur Glaeken (le double positif de Molasar), le film bascule dans... autre chose. Un recul s'installe : même si le conte maléfique de Mann décoche de sublimes fulgurances, il charrie aussi plusieurs plans kitsch qui ne dépareilleraient pas une série Z made in Roger Corman. La relation charnelle entre Glaeken et Eva, la fille de Cuza, parait elle aussi complètement précipitée et peu crédible, d'autant que certains dialogues un brin ampoulés et abscons donnent à leurs scènes (mais aussi à d'autres) un petit côté "théâtre expérimental du pauvre".
Il n'empêche : voilà un film visuellement envoûtant, malgré (ou grâce à) ses tics so eighties : fumigènes traversant des halos de lumière bleu cobalt, ralentis, musique synthétique... Les thèmes brassés par The Keep laissent une empreinte qui survit longtemps au générique de fin. Il ne s'agit pas là d'une simple série B d'horreur mais d'une digression sur la nature du mal et son pouvoir de corruption, comme l'évoque ce pacte faustien signé, à un moment du film , entre le professeur Cusa et la bête. Molasar, esprit immatériel se réincarnant en être de chair et de sang à mesure qu'il consume ses victimes, trône par ailleurs assurément au Panthéon des plus belles créatures du cinéma fantastique. Et ce malgré son apparence très éloignée des intentions initiales de Michael Mann.
Le rouge : couleur des yeux de Molasar et aussi des brassards nazi. Elle n'apparait à aucun autre moment dans le film.
Brouillon magnifique, en permanence sur la corde raide entre splendeur et grotesque, The Keep attend toujours (et sans doute à jamais) une édition DVD director's cut pour laquelle se bat depuis des années Stéphane Piter. Ce dernier est même allé, sur son site, jusqu'à concevoir, de la jaquette aux bonus, ce à quoi devrait ressembler ce DVD hypothétique. Si c'est pas de la démarche de gros geek passionné ça !
Et pourquoi pas finalement en faire remake, de ce film maudit ? Tiens je vais appeler Michael pour lui en toucher un mot...
C'est officiel : Disney a enfin révélé officiellement les grandes lignes du scénario de Tron 2, temporairement titré Tron et produit en 3D. Anglophones, c'est le moment d'exercer vos talents, voilà le communiqué :
Tron (title not final) (In Disney Digital 3D™)
Tron is a 3D high-tech adventure set in a digital world that's unlike anything ever captured on the big screen. Sam Flynn (Garrett Hedlund), the tech-savvy 27-year-old son of Kevin Flynn (Jeff Bridges), looks into his father's disappearance and finds himself pulled into the same world of fierce programs and gladiatorial games where his father has been living for 25 years. Along with Kevin's loyal confidant (Olivia Wilde), father and son embark on a life-and-death journey across a visually-stunning cyber universe that has become far more advanced and exceedingly dangerous.
En gros, si Tron racontait l'histoire de Kevin Flynn, concepteur de jeux vidéo propulsé à l'intérieur d'un jeu par le très méchant superordinateur MCP, la suite va raconter comment... le fils de Flynn se retrouve lui aussi propulsé dans le monde des programmes où son père est retenu prisonnier depuis 25 ans. Mouais. Disney crie "suite", je réponds "remake" !
Détail important : Lazlo base sa script review sur la lecture d'une première version du scénario, signée Richard Jefferies, dont le nom fut depuis complété par l'arrivée de nouveaux auteurs issus du team de Lost (Edward Kitsis et Adam Horowitz). Lost, qui partage avec Tron le même studio - Disney donc. Vous m'suivez, les aminches ?
Précisons par ailleurs que Steven Lisberger, réalisateur et scénariste du premier Tron, joue un rôle important dans ce Tron 2.0 en gestation depuis plusieurs années. Son nom est ainsi mentionné en tant que scénariste et producteur.
Personnellement je n'aime pas trop les spoilers : je me suis donc contenté de lire le pitch de départ et surtout le petit commentaire d'ensemble de Lazlo, qui hélas ne m'inspire guère d'optimisme.
Le Pitch : Encom is back, donc ! Mais si, remember, la vilaine corporation dirigée, dans Tron, par ce vieux rampant moisi de Dilinger (incarné par l'immmmmense David Warner, qui fait bien deux mètres, c'te corniaud-là). Dans Tr2n, Encom semble être sur le point d'assoir sa domination mondiale avec (si j'ai bien compris) la mise au point d'un réseau global d'information baptisé "X-Net". A un certain moment du film, Encom répand des virus dans les bécanes du monde entier pour convaincre les opinions du monde entier que X-Net est le seul système de communication 100% fiable pour nos ordinateurs. Heureusement un autre virus veille au grain et s'attaque inlassablement au système central de X-Net : Tron. On retrouvera par ailleurs dans ce film Jeff Bridges, qui reprendra pour notre plus grand bonheur son rôle de Flynn. Mais le héros de Tron 2 sera... son fils Sean, jeune programmateur de génie.
Tony Lazlo détaille les principaux twists de cette version du scénario, sur lesquels je ne vais évidemment pas revenir. En revanche, je suis bien peiné par les premières impressions que lui inspirent la chose : "... un script bourré de problèmes et de potentiel. Il s'agit d'une suite dans le sens "Die Hard 2" du terme. A savoir, moins une continuation de l'histoire originale - type Empire contre-attaque - qu'un remake dans les règles à plus grande échelle et avec un plus gros budget. Vous savez, comme la plupart des suites..." Ouch, ça sent le purin. Mais restons optimistes et gardons espoir, surtout avec Jeff Bridges qui rempile, ça ne peut pas être complètement mauvais. On en saura d'ailleurs plus sur le film à l'issue du Comic Con de San Diego dans quelques jours.
TRON : FILM CULTE
L'occasion est en tout cas pour moi trop belle de rappeler à quel point le premier Tron, malgré ses défauts évidents (acteurs sans éclat à part Bridges, narration linéaire un brin laborieuse, mise en scène passe partout...), reste, 27 ans après sa sortie, un film implacablement culte et chéri par les geeks. Pourquoi ? Parce que lire les lignes suivantes.
Tron(lire le scénario ici) est sorti en France le 8 décembre 1982. J'avais onze ans. J'ai le souvenir de l'avoir vu au Gaumont Convention, par un terne samedi après-midi d'automne, et d'être sorti de la salle complètement retourné. Exactement comme pour Star Wars, Superman, L'Empire contre-attaque et New-York 1997 quelques années plus tôt. Un choc. Je n'avais pas exactement tout compris mais j'eu un coup de foudre instantané. Pour un môme de onze ans biberonnant à Strange et découvrant avec fascination l'univers des jeux vidéo (ma console de l'époque était une Mattel Intellivision), Tron était une expérience visuelle et sensorielle unique.
Six raisons pour lequelles le film devint instantanément mon préféré de tous les temps (jusqu'à ce que je découvre Tonnerre de Feu un an plus tard ;-)) :
- La direction artistique (bon, j'appelais pas ça comme ça à l'époque, hein, mais en gros je kiffais grave le look du film). Cocorico : parmi les designers figuraient notre Moebius national, responsable notamment de la conception des costumes et des décors. Syd Mead, le génial designer industriel inventeur des voitures volantes de Blade Runner, récidiva dans Tron avec les motos-lumière, le voilier solaire et le vaisseau du méchant Sark (l'alter ego virtuel de Dillinger).
- L'idée qu'un vrai monde pouvait exister à l'intérieur de mon Pacman, avec ses êtres pensant, ses règles, son grand méchant et qu'il était de surcroît possible d'être projeté au coeur de ce micro-univers via un shot de rayon laser.
- L'autre idée que, dans ce monde, les programmes informatiques étaient à l'image de leur créateur.
- La cool attitude de Jeff Bridges dans le rôle de Flynn. J'ai longtemps rêvé d'être comme lui : patron surdoué d'un club de jeux vidéo avec un bureau super cosy surplombant la salle des consoles ! Argh, triste réalité, quand tu nous rattrapes...
- La musique féérico-synthético-baroque de Wendy Carlos, ainsi que le morceau rock FM "Only solutions" de Journey, figurant sur la B.O et entendu lors de la visite de Lora (Cindy Morgan) et Alan (Bruce Boxleitner) dans les bureaux de Flynn.
- Une multitude de séquences m'avaient traumatisé : la désintégration de Flynn par le MCP (et sa grosse voix burnée), la poursuite en motos-lumières, le jeu de pelote basque en suspension dans le vide, la sublime scène du voilier solaire, le climax du film avec Sark transformé en colosse...
Tron avait fait sensation dans la presse française, y compris généraliste, par son caractère révolutionnaire. Je me souviens d'un long article dans le Figaro Magazine (oui bon, mes parents sont abonnés au Figaro Magazine...) vantant "le premier film entièrement tourné en images de synthèse" ou quelque chose dans ce goût-là. L'article m'avait fasciné, il démarrait par une double page fracassante où s'étalait plein pot la photo de Jeff Bridges avec son casque et son plastron zébrés de circuits électroniques lumineux. Attention, bande annonce !
Filmé en noir et blanc pour ses séquences intra-ordinateur (puis colorisé en post production via différentes techniques qui ne doivent rien à l'image de synthèse), Tron n'était évidemment pas un film "full CGI". Seules les scènes du passage de Flynn dans le monde des jeux vidéo, ainsi qu'une partie des décors et des véhicules de cet univers, furent à l'époque réellement générés par ordinateur. Au vu des standards d'aujourd'hui, ces images font figure d'âge de pierre de l'image de synthèse. Mais tout désuet qu'il paraisse en 2009, Tron irradie d'une poésie, d'une beauté abstraite, d'une élégance et d'une puissance immersive auxquelles tous les Transformers ou Speed Racer du monde ne pourront jamais prétendre une seule nanoseconde.
Certes, j'en parle habité par mes souvenirs d'enfant. Dans 20 ans, les gamins d'aujourd'hui se répandront peut-être en dithyrambes enflammées sur Speed Racer et ces années 2000 magiques pour le cinéma de genre. Tant pis, j'assume et je replonge dans ma mémoire orientée. A l'époque de Tron, les consoles de jeux vidéo commençaient à envahir les salons et, à la récré, c'était à celui qui avait la plus technologiquement avancée - Atari, Mattel, Philips, Coleco... Ce début des années 80 bouillonnait de geysers d'évasion, ère charnière pour la culture geek, époque-creuset d'un renouveau SF triomphant, du Rubick's cube, du rêve de la conquête spatiale pré-catastrophe Challenger et des premiers clips vidéo. Sans oublier, je me répète, le boom commercial des jeux.
Un article du New York Times parut en 1982 rappelait à ce propos que le chiffre d'affaires du Pac Man de Namco (soit 1,2 milliards de dollars de l'époque) était trois fois supérieur aux recettes en salles de Star Wars, alors encore le plus gros succès du cinéma de tous les temps. Côté grand écran, l'an 1982 fut particulièrement charnière avec, l'été même de la sortie de Tron aux USA, d'autres oeuvres matricielles de la culture qui irrigue ce blog : E.T, Poltergeist, The Thing, Star Trek 2, Blade runner...
Le New York Times s'alarmait déjà à l'époque de cette révolution des effets spéciaux générée par Star Wars, voyant en elle le risque d'une démission artistique au profit du simple spectacle. Nicholas Meyer, réalisateur de Star Trek 2 : la colère de Kahn, stigmatisait même l'inclinaison toujours plus forte d'Hollywood en faveur de films sans d'autre argument qu'une suite de cascades ou un casting de stars. Il y voyait là, diantre, une forme de pornographie (j'invente rien c'est écrit ici) ! Pauvre Nicholas, si seulement tu avais su à quoi on aurait droit 25 ans plus tard...
Aux yeux du NYTimes, Tron symbolisait donc cette course à l'imaginaire, ce foisonnement de films fantastiques grand public juvéniles qui tranchaient radicalement avec le jansénisme, la maturité du Nouvel Hollywood des seventies. En même temps, le journal rappelait ce que l'on a un peu trop tendance à oublier : Tron est un film d'auteur, pas une grosse machine commanditée par les studios Disney dans le simple but de vendre des jeux vidéo (même si par la suite, l'adaptation du film sur consoles fit en effet un malheur). Tron fut d'abord et avant tout le pari fou de son réalisateur Steven Lisberger. Un metteur en scène issu de l'animation dont, avant Tron, le seul long métrage était un téléfilm animé produit pour NBC : Animalympics. Lisberger dit avoir imaginé Tron après avoir été fasciné par une courte séquence en image de synthèses conçue par la firme informatique MAGI, qui lui laissa entrevoir le potentiel à venir des computers. Le jeu Pong d'Atari fut aussi, dit-il, une source d'inspiration déterminante pour l'écriture du scénario, dés 1976. A l'origine, Tron devait d'ailleurs être un film animé.
Avec son associé Donald Kushner, Lisberger monta tout un studio d'animation en 1977 dans le seul but de donner vie à Tron. Après avoir été refusé par trois studios (Warner, MGM et Columbia), le projet évolua vers un long métrage live et fut acheté par Disney. Le groupe, visionnaire sur ce coup-là et qui avait déjà démontré son savoir faire en images de synthèse sur Le Trou Noir (remember le générique), fut convaincu par le script et des story boards développés par Lisberger avec l'argent d'Animalympics. Mais il s'agissait d'un vrai risque commercial : le studio s'apprêtait à confier à un total inconnu les rênes d'un gros budget expérimental au scénario truffé de scènes pour lesquelles la technologie restait encore à inventer ! Plusieurs animateurs de Disney refusèrent d'ailleurs de travailler sur Tron, persuadés que le film signerait tôt ou tard l'arrêt de mort de l'animation classique en 2D...
Thomas L. Wilhite, tout jeune directeur de production chez Disney, justifiait de son côté l'entreprise par sa conviction que Tron allait inaugurer l'usage des nouvelles technologies au cinéma. Mais aussi un nouveau genre de 7e art où des personnages virtuels auraient autant le pouvoir de toucher le grand public que des protagonistes de chair et de sang. Trop tôt, beaucoup trop tôt ! Fraichement accueilli par la critique, en France comme aux Etats-Unis, Tron fut un bide en salles. Tout comme Le Trou noir avant lui d'ailleurs, ce qui poussa Disney à mettre un terme provisoire à sa production de long métrages live. L'expérience visionnaire de Steven Lisberger, produite pour une somme allant de 17 millions à 20 millions de dollars selon les sources, ne récolta que 33 millions de dollars de l'époque au box office. Une misère.
Steven Lisberger devint personna non grata et ne tourna quasiment plus rien par la suite - jusqu'à revenir dans la course avec Tron 2.0. Bruce Boxleitner, interprète du double rôle Tron/Alan, vit sa carrière cinéma fauchée en plein vol et resta depuis principalement cantonné à la télévision. Le culte de Tron allait pourtant patiemment faire son chemin dans les consciences des jeunes padawan geeks. Lesquels, une fois parvenus à l'âge adulte, n'hésiteraient pas à revendiquer, comme votre serviteur, l'importance de ce bijou luminescent dans leur patrimoine cinéphilique. Rappelons également que si le film se ramassa, les jeux vidéo sortis dans la foulée, sur arcades et consoles allaient, eux, faire un véritable tabac et engendrèrent un premier foyer important de notoriété.
Aujourd'hui, plus personne ne conteste l'influence majeure de Tron dans la culture populaire, des extravagances numériques des frères Wachowski aux clins d'oeils des techno-freaks de Daft Punk. Quintessence du film nerd/geek/tech (le héros de Chuck conserve l'affiche comme une sainte relique sous verre dans sa chambre), il perdurera sans doute longtemps dans nos imaginaires fertiles pour l'inoubliable voyage qu'il nous proposa de faire au coeur de l'infiniment petit voici déjà 27 ans. Une somptueuse nuit entrelacée de lignes phosphorescentes rouges, bleues, oranges, nimbée d'envoûtants halos visuels et sonores et au coeur de laquelle, malgré tout, vibre le coeur de l'homme contre la machine.
Rendez vous en 2011 pour savoir si la suite se montrera à la hauteur de l'héritage. Perso, j'hésite à prendre les paris...
Il est 15h03 et, alors même que je n'ai toujours pas déjeuné, je prends juste la peine de remercier officiellement sur ce blog martien le sympathique terrien Korben pour son billet sur Scuds.
Après nos potes de Geek inc., voilà encore un chouette coup de pouce pour notre pitit podcast dont est pas peu fier, d'autant plus que Korben est réputé pour avoir la dent dure quand il aime pas !
N'hésitez pas à faire un tour sur son blog, il dit par ailleurs des choses toujours bien senties sur d'autres sujets que Scuds et le mec a une vraie crédibilité dans la geekoblogosphere.
Et si on glissait un peu de webréalité dans ce blog, mmmmh ??? Alors que la planète entière, et bientôt tout le système solaire, chante les louanges de Scuds, John Plissken vous donne l'occasion de découvrir les coulisses exceptionnelles et spectaculaires d'un tournage de Scuds #7 qui ne le fut pas moins.
Trois Macs, du rhum, des clopes et une cam : les fondamentaux de Scuds.
Le lieu : dans la tannière parisienne secrète du Old Cuban. Le jour : vendredi 3 juillet, quelque part dans le temps, entre 22h et 2 heures du matin. La température : entre 30 et 35 degrés celsius (40 lorsque Fanny, notre productrice monteuse, entama soudainement un flamenco endiablé sur la table basse de nos Macs. La chaleur a fait complètement dérailler la pauvre petite). Le cadreur : Shadi, pieds nus comme certains autres membres de l'équipe qui partagent son peu d'intérêt pour l'hygiène plantaire. L'atmosphère : irrespirable.
Shadi, notre cadreur. Ne travaille qu'à la bière et au vin. Et assis.Je désespère de notre belle jeunesse.
Dans quelques jours vous découvrirez le résultat de ce Scuds #7 tourné façon cocotte minute. On y cause de la saison 5 de Lost, de la récupération agaçante du terme "geek" et de la fascination de Jérome et Arnaud pour les gadgets tech (parce que moi, hein, bof...)
Pour info, les photos de ce post ont été prises avec un Canon IXUS 70 à 7, 1 millions de pixels, acheté en novembre 2007 à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, juste avant un départ avec trois potes (dont Jérôme) pour Bangkok. Et oui je sais : Osef.
Enfin, sachez que vous pouvez également admirer ces souperbes clichés sur le fil twitter du dit Jérôme : http://twitter.com/jeromekeinborg.
Fanny, monteuse attitrée de Scuds, étrennait ce soir sa casquette de productrice. Une casquette éreintante.
John Plissken et The Old Cuban avant le "roll camera". On notera leur décontraction phénoménale malgré l'immense pression d'un tournage de Scuds. Immense !
Jérôme, Arnaud, Shadi not' cadreur et des Macs luisants. Et vas y que je clope à donf alors que fumer tue (j'invente rien, c'est écrit sur les paquets).
John Plissken, géant parmi les géants, doit se pencher pour entendre les suggestions d'Arnaud le Hobbit (à gche et debout)
Coming next... une petite carte postale du Japan Expo/Comic Con de Villepinte...
Allez, hop, c'est gratuit, c'est lundi après-midi, c'est pour moi ! Et dans la perspective du prochain Zombieland de Ruben Fleischer (sortie en novembre), voilà mon petit top 5-qui-sert-à-rien du must absolu du film de mort-vivant. Un palmarès que je qualifierai en toute modestie d'assez peu contestable.
L'Autant en emporte le vent du film d'horreur. Le propos sociétal de ce summum du gore subversif a déjà été décrypté de long en large par des cohortes d'exégètes depuis trente ans. La symbolique du mall, le piège du consumérisme qui finira par consumer les héros etc... Mais perso, je retiendrai de Zombie l'une des scènes les plus absolument flippantes qu'il m'ait été donné de voir au cinéma (j'en ai fait des cauchemars récurrents, c'est vous dire) : la séquence d'ouverture. Un plateau télé en pleine panique, un débat en direct entre responsables affolés et perdus en conjectures sur ce phénomène inexplicable de ces morts qui marchent et dévorent les vivants depuis quelques semaines. La civilisation s'effondre sous nos yeux, plus rien d'autre ne compte que la survie, fuir par tous les moyens... Boostée par les synthés stridents et angoissants des Goblins (récemment en concert à Paris), l'ambiance de fin du monde imprègne ces minutes apeurées, désespérées et filmées avec le réalisme d'un documentaire. On y croit. J'y ai cru. Préférez le montage européen (plus nerveux et supervisé par Dario Argento, co-producteur du film) à la version américaine.
Après des années de zombies d'opérette aussi effrayants que le raton laveur de Candy (ben je sais pas, c'est le premier truc qui m'est venu à l'esprit...), La Nuit des morts-vivants impose au cinéma des revenants réalistes, cannibales et implacables. Un peu comme Kubrick avec 2001 pour la SF, Romero offre à l'horreur son premier authentique chef-d'oeuvre moderne. L'épouvante viscérale et la puissance du propos politique (le héros est noir, choix couillu en 1968) font du film un classique matriciel pour tout le genre et l'influence majeure de générations entières de cinéastes (allez au hasard, John Carpenter pour son sublime Assaut). J'ai une petite réserve par rapport à la musique, complètement pompière et surranée au regard de l'époque où fut tourné le film. C'est grave, docteur ?
Sept ans après Zombie, Romero remet le couvert et (en)terre les humains dans une base nucléaire sous-terraine en Floride, tandis que les morts-vivants ont définitivement pris le pouvoir à la surface. Boudé même par les fans du maître qui le jugeaient trop bavard à sa sortie, Day... se pose pourtant en plus-que-digne successeur de Zombie. La charge se porte cette fois sur une bande de militaires abrutis avec lesquels une bande de civils doit cohabiter dans la base. Romero continue de fustiger le vertige auto-destructeur de l'Homme quand l'apocalypse voisine devrait au contraire l'amener à raisonner. Musique là encore très anxiogène signée John Harrison. Séquence d'ouverture terrifiante dans une ville déserte aux rues peu à peu débordées de zombies hurlants. Maquillages gore absolument étourdissants signés Tom Savini, qui s'en donne à coeur joie dans le dernier quart d'heure, lorsque qu'un bon millier de zombies envahissent la souricière humaine. Ha, c'était le bon temps, tiens, avant que papy Romero ne privilégie l'hémoglobine en image de synthèse toutes pourraves dans l'atroce et pompant Diary of he dead.
Robert Carlyle vient de dire "nique ta mère" à des zombies susceptibles (28 Semaines plus tard, de J.C Fresnadillo)
Le Retour des morts-vivants, de D. O'Bannon. Avec, ici présente, une des charmantes victimes des croqueurs de cerveaux : Linnea Quigley
Je défie quiconque de me regarder bien droit dans les yeux en affirmant haut et fort qu'il n'a pas agonisé de terreur devant les trois quart des scènes de 28 semaines plus tard, suite largement supérieure au 28 jours de plus tard de Danny Boyle. Top de la trouille : là encore une introduction à couper le souffle, démarrant dans le silence étouffant d'une maison de campagne barricadée de toute part pour finir par la cavalcade effrennée d'un Robert Carlyle coursé par une horde zombies hystériques au galop. A voir vraiment de préférence sur l'écran le plus large possible et dans une obscurité de crypte. Quant au Retour des Mort-Vivants, ancêtre eighties du Shaun of the dead de Pegg et Wright, il réussi l'exploit de vous faire rire en vous collant quand même une pétoche d'enfer. Un coup de maître pour le réalisateur Dan O'Bannon, ex-scénariste de Dark Star, d'Alien et de Tonnerre de Feu, ici réalisateur novice. Bande son culte, entre rock'nroll et synthés gothicomiques, avec entre autres l'hymne hardeux "It's party time" des 45 Grave pour accompagner les 100 mètres piqués par des zombies croqueurs de cerveaaauuuuuux (et oui, LRDMV est le premier film où les mort-vivants se prennent pour Carl Lewis, 20 ans avant 28 jours plus tard). Plissken d'or au trio de seconds couteaux totalement jouissif formé par James Karen, Don Calfa et Clu Gulager. Allez les djeunz, on achète le DVD !
Lents, très très lents : la marque de fabrique des zombies italiens (L'Au-delà, de L. Fulci)
De toutes les bisseries transalpines mobilisant les mangeurs de vivants, L'Au-delà reste sans doute le plus classieux et poétique. Les acteurs jouent mal, les dialogues au sérieux papal flirtent avec le comique involontaire, le scénario accumule des scènes gore gratuites... mais on reste sous le charme de l'inventivité des meurtres, de la qualité des maquillages signés Gianetto de Rossi et du climat surréaliste et poisseux ambiant.