vendredi 26 mars 2010

Xanadu : Arte classé X (ou presque)



Hello there, Plissken speaking... Vous ne rêvez pas, j'ai bien mis un logo d'Arte sur JPoM.

Les sériephiles se souviennent encore de l'excellente mini série Hard en 2008 sur Canal +, comédie romantique improbable (et réussie) dans le milieu du porno. Et bien voilà, c'est malin, ça donne des idées polissonnes à tout le monde : Arte, donc, proposera également bientôt une autre fiction décalée plantée dans l'univers de la biroute (... de campagne, puisque le tournage aura lieu dans la région de Strasbourg. Certes ce n'est pas du tout la campagne, mais j'avais désespérément besoin de faire un bon mot, vous comprenez ?).

Annoncé depuis déjà plus de deux ans, Xanadu (c'est le nom de la série, ne me regardez pas avec ces yeux ronds) verra donc ses prises de vues débuter ce 30 mars, pour un clap de fin prévu le 7 juillet (à 21h43 mn et 58 secondes, les oracles sont formels).

Le pitch ? Puisque le service de presse d'Arte s'est fendu d'une rutilante annonce résumant le bouzin sûrement mieux que moi, je vous propose une pause communiqué:

"Xanadu
un empire du porno en héritage !
une série réalisée par PODZ (Daniel Grou) et Jean-Philippe Amar
en tournage pour ARTE
Avec notamment : Julien Boisselier, Nora Arnezeder, Judith Henry, Jean-Baptiste Malartre, Vanessa Demouy, Jean-Louis Foulquier…
Depuis 35 ans dans l’entreprise Xanadu, pornographie et famille cohabitent dans le même lieu sans jamais se téléscoper : au rez-de-chaussée du manoir, l’entreprise de production de films X, et dans les étages la famille Valadine. Mais alors qu’on célèbre la mémoire d’Elise Jess, pornostar fulgurante des années 1980 et épouse du patriarche Alex Valadine, un accident tragique change la donne.
La page libertaire se tourne, Xanadu peine à prendre le virage du XXIème siècle et la famille ne dissimule plus ses fêlures. Alex laissera-t-il enfin ses enfants prendre le relais ?
Dans la famille Valadine…
- Alex Valadine (Jean-Baptiste Malartre), patriarche flamboyant et pape du X français,
- Elise Jess (Gaia Amaral), muse et épouse d’Alex, disparue dans des circonstances inconnues,
- Varvara Valadine (Nora Arnezeder), la jeune et sensuelle nouvelle épouse d'Alex, ex actrice de X,
- Le fils aîné Laurent (Julien Boisselier) et son épouse Anne (Judith Henry),
- La fille Sarah (Nathalie Blanc),
- Le benjamin Lapo (Swann Arlaud).
Autour de la famille gravitent…
- Bobby Mac (Jean-Louis Foulquier), le vieil ami d'Alex,
- Les acteurs / actrices de X travaillant pour Xanadu : Brendon (Phil Hollyday), Vanessa Body (Vanessa Demouy) et la future égérie de Xanadu, Lou (Mathilde Bisson).
XANADU (8x52mn)"

Deux remarques nous viennent à l'esprit présentement à toi et moi, ami lecteur :

- Le réalisateur de Xanadu est Podz. Pour mémoire, derrière ce pseudo monosyllabique se cache le réalisateur québécois pilier de l'excellente série Minuit le soir. De quoi donc nous rassurer sur la qualité au moins formelle à attendre de Xanadu. De là à dire que c'est dans la Podz... (pardon, pardon pardon...)

- Vanessa Demouy incarne donc ici une actrice X. Je veux voir Xanadu.

En espérant que les auteurs sachent exploiter judicieusement, comme avait su le faire l'équipe de Hard, le contexte casse gueule de leur intrigue, en évitant de tomber dans le racolage à peu de frais... on croise les doigts ! Réponse courant 2011. Et vous, est ce que ce projet vous donne envie en tant que fan de séries, tout calembour moisi mis à part ? Après Les Invincibles, Arte saura-t-elle à imposer de nouveau une offre alternative de fictions de qualité ? Xanadu deviendra-t-elle une série culte, plus qu'une série cul ? Verra-t-on Vanessa Demouy à poi... non non non, j'ai rien dit, j'ai rien dit !!!!

Et avant de quitter le clavier, les petites précisions techniques qui vont bien :

XANADU (8x52mn)
Ecrit par Séverine Bosschem
Réalisé par Daniel Grou alias Podz (Les 7 jours du Talion, C.A., Les Bougon, Minuit le soir, Au nom de la loi…) et Jean-Philppe Amar (Sweet Dream, Education Nationale - un grand corps malade, Les nouveaux explorateurs, Copenhague - récit d'un accord inachevé)
Produit par Caroline Benjo et Jimmy Desmarais
Directeur de la fiction d’ARTE France : François Sauvagnargues
Une coproduction : ARTE France, HAUT ET COURT Productions (France – 2010)

Si certains d'entre vous habitent la région de Strasbourg et sont en verge... pardon en verve d'un rôle de figurant pour se faire un peu d'argent de Podz cet été, on ne sait jamais ! Note pour plus tard : arrêter d'improviser des posts le vendredi après midi pendant la digestion.

End of transmission...

French Comic Con saison 2 : du 1er au 4 juillet à Villepinte



Hi Folks, Plissken speaking.

La peste soit de Iztkombi1 !!! Alors que je débutais vaillamment la rédaction d'un post sur l'hallucinant (réellement) Blu-ray d'Avatar visionné en exclu cette semaine dans les locaux du fabricant même du Blu-ray, notre ami Izt... m'a freiné dans mon élan en me suggérant de garder la primeur de mon avis pour le prochain Tonight on Mars. AAARRRGHH !!!! Sauf que ce sera donc pour TOM#4, puisque TOM#3 est déjà en boîte depuis deux semaines. Et TOM#4, il ne sera en ligne que quelques jours APRES la sortie d'Avatar en DVD/Blu-ray. Donc elle sera où l'exclu, hein hein, Julien, malheureux ! Bon je mets de côté mon post quelques jours en attendant de trancher.

Et sans transition pour faire patienter, voici le communiqué de presse du prochain Comic Con de Villepinte, qui s'annonce un poil plus ambitieux que la toute première édition, lancée l'an passé en marge du salon Japan Expo. Oserais je demander une seule chose aux organisateurs : nous éviter le putain de sauna de l'année dernière et trouver une solution pour la clim'. Merci !

Petite précision : il va sans dire que NoWatch.TV couvrira l'événement en assurant une présence encore un peu plus marquée que l'an passé lors de notre crossover HISTORIQUE (et je pèse mes mots) avec Geek Inc.

Sans plus attendre, le communiqué des organisateurs. Rendez Vous en juillet à Villepinte (certes, c'est moins glam' que San Diego) !

Communiqué Comic Con :

"Après le succès de la première édition de comic con’, la saison 2 s’annonce grandiose, du 1er au 4 juillet 2010, au parc des expositions de paris-nord villepinte.

Même endroit, mêmes dates mais deux festivals : du 1er au 4 juillet au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, Japan Expo 11e Impact fête la culture et les loisirs japonais, tandis qu’à peine quelques mètres plus loin, Comic Con’ plonge les visiteurs dans les cultures de l’imaginaire.

Les univers de la science-fiction, des comics, de la fantasy, du fantastique, de l’horreur, etc., connaissent aujourd’hui un succès sans précédent et pèsent lourd dans les secteurs de la culture et du divertissement en France.

Fort de ce succès, Comic Con’, le festival des cultures de l’imaginaire, s’inspire des grandes conventions américaines créées autour des comics. Il réunit des communautés dans un même lieu autour de ces univers et de tout ce qui a trait aux tendances actuelles et à venir de la pop culture occidentale, américaine comme européenne.

Après une Saison 1 réussie et prometteuse, Comic Con’ revient cette année pour une Saison 2 encore plus riche, encore plus merveilleuse, encore plus culte ! Les communautés de fans de super-héros, extraterrestres, robots, personnages fantastiques et autres créatures extraordinaires se donnent rendez-vous pour célébrer ces cultures nées de l’imaginaire sans fin de la bande dessinée, des comics, de la littérature, du cinéma, des séries TV, du jeu vidéo... !
au fil des semaines à venir, découvrez le programme de comic con’ saison 2 et ses invités prestigieux, notamment sur www.comic-con.fr. À ne pas manquer, du 1er au 4 juillet au parc des expositions de paris-nord villepinte !"

mercredi 24 mars 2010

Affiche Iron Man 2 : BOF !


Naaaaooooonnnn !!!! Mais qu'ont-ils fait ??? Le service marketing de Paramount avait jusqu'ici réalisé un sans faute avec deux trailers de facture gaulométrique (héhé) exemplaire !

Direction artistique dans la continuité du funky et décomplexé premier film, casting haut standing (Sam Rockwell en Justin Hammer, Mickey Rourke en Whiplash, Don Cheadle en remplacement de Terrence Howard pour incarner Rhodey : brillantes idées !), plans iconiques (Iron Man dérouillant à gros pains une armée de war machines)... de quoi bien nous faire saliver et priant très fort pour un résultat aussi réjouissant qu'Iron Man. Sans oublier une B.O. exclusivement AC/DCienne, dont War Machine, Shoot to thrill et Razor's edge nous furent gratifiés sur le second trailer. Slurp...

Patatras : cette nouvelle affiche internationale du film, révélée en exclusivité sur le site de Yahoo movies, a des allures de rendez-vous manqué, avec son look daté nineties et sa composition pas très originale, voire platouille (Plissken en mode assassin, ça fait mal aux tibias...). Au slurp, succède le Bof, et moi me sentir en petite forme. Seule petite consolation : la présence de Scarlett Johanson en full tenue de Black widow et qui, sur cette affiche, a littéralement le feu au joufflu. Mais pardon je m'égare. En attendant, tous les mécontents de ce poster, qui ne se montre clairement pas à la hauteur de l'événement attendu, sont priés de se ruer sur la page Facebook du groupe : L'affiche de Iron Man 2 est bof. Non parce qu'il y a des causes importantes pour lesquels il faut savoir se battre et défendre ses convictions, nom de Dieu !

Allez Paramount, tu nous le refais ton poster, avec un peu plus de classe et d'audace ? Non ? Bon tant pis : y a plus qu'à se donner tous rendez vous le 28 avril pour la sortie en salles et, n'en doutons pas, ressortir du film avec la risette en croissant de lune.

PS : l'affiche de Iron Man 2 est BOF !

rePS : mais vraiment BOF, quoi ! Tu vois genre pas le petit bof de kermesse périgourdine, plutôt le gros BOF de compétition internationale. Ok, j'me tais...

End of transmission...

vendredi 19 mars 2010

Star Wars en Concert : Lucas retrouve la Force.




Salut les aminches, nouveau post depuis un mois et pour fêter ça, nouvelle peau signée du brillant ZeBouli, fidèle Nowatcher. On l'applaudit et mille mercis à lui pour la renaissance visuelle de ces lieux.

Avec un peu de retard, mes impressions sur le "Star Wars in concert tour", auquel j'ai pu assister à Paris Bercy in extremis grâce à des invitations envoyées par W9, partenaire de l'événement. J'ai conscience du privilège : le prix d'une place variait tout de même de 51€ à 99,95€ en plein tarif, pour ces deux uniques représentations en France (à 16h et 20h). Zéro pointé à l'organisateur français, Nousproductions, qui a fait preuve d'une gestion absolument lamentable des relations presse. Mais laissons ces incompétents de côté et revenons plutôt à notre space opéra fétiche.

Les 18 000 places du Palais Omnisport de Paris Bercy,
pas complètes mais pas loin. The ceremony is about to begin...


Etrange était mon état d'esprit en me rendant, cet après-midi du mercredi 17 mars 2010, au Palais Omnisport de Paris Bercy. Excité particulièrement je n'étais pas, en retrouvant sur place mon camarade Christophe, de Zapcast, et sa compagne Christine, pour assister à ce fameux concert Star Wars. Bon je vais arrêter de jacter comme Yoda....

Dans la file d'attente, engouffrée prestement via les nombreux points d'entrée du colossal bâtiment, une simple curiosité persistait, tout au plus. Je devrais pourtant exulter : je fantasme depuis toujours sur un concert Star Wars en live, en m'imaginant certainement bouleversé par la force des morceaux wagneriens de John Williams joués sous mes yeux. Peut être l'horaire diurne de la représentation - 16h - ne contribuait-il pas spécialement à nourrir le sentiment de magie d'un moment unique. Peut-être redoutais-je une faute de goût de plus de la part de Lucas avec ce concert itinérant initié par ses soins et qui, depuis plusieurs mois, aura écumé avant Paris les Etats-Unis et le Canada. Peut-être aussi que malgré la place capitale de Star Wars dans ma construction culturelle, la médiocrité de la dernière trilogie m'avait un poil détaché de tout cet univers, renforçant mon exaspérante tranquillité. Ajoutez à cela les soucis du quotidien ma bonne dame...

Le poids du son, le choc des images projetées en HD,
la beauté du set lumières
.

Installation gradin F, place 18, rapide coup d'oeil à l'immensité de cette salle rouge remplie peu à peu par de vieux fans venus avec femme et enfants. Quelques minutes d'attente encore et les 86 musiciens de l'orchestre philharmonique de Londres prennent place, accompagnés du choeur, tous en tenue de gala. Amusant décalage avec le public sapé casual.

Le design futuriste de la scène semble avoir été conçu comme la salle principale d'un vaisseau spatial. Même la petite estrade du chef d'orchestre Dirk Brossé semble tout droit sortie du département accessoires d'un Star Wars. Derrière les musiciens, en hauteur, un écran géant LED de 18 mètres de large et 10m haut, fabriqué spécialement pour l'événement. Le plus grand jamais embarqué en tournée, paraît-il. Encadrant la scène, un dispositif de caméras, dont deux montées sur bras, filmeront l'orchestre en action. Au plafond, deux immenses panneaux digitaux en forme de croiseurs de l'Empire. Ils serviront à diffuser des images complétant la projection principale en numérique, tout comme deux autres panneaux carrés placés de part et d'autre du LED. Pas de doute : Lucasfilms n'a pas bâclé la chose. Encore un peu de flottement, tandis que les cordes et les cuivres s'accordent dans ce doux vacarme si familier avant le coup d'envoi. Soudain, le noir. La chape obscure, percée de milliers de petites baguettes fluorescentes remuées frénétiquement par un public visiblement plus surexcité que moi, fait monter brutalement la tension d'un cran. Je ne le sais pas encore mais je vais basculer aussi bientôt du côté obscur de l'extase. La rumeur de la foule, la nuit quasi-complète, des briquets allumés, les fluos, l'attente du fracas musical imminent... Je réalise que je n'ai plus assisté à un concert à Bercy depuis... trop longtemps.

Le thème du "THX sound", grandiose et intimidant sur scène, ouvre les hostilités. Puis l'orchestre entame un roulement de tambour ponctué par des claquements de cymbales familiers : c'est bien le célébrissime thème de la "Fox Fanfare", créé pour la Fox par Alfred Newman en 1933, remis au goût du jour par Lucas en 1977 pour Star Wars, et ré-orchestré par John Williams lui même pour L'Empire contre-attaque en 1980. Ce thème inoubliable, précédant les films de la Fox mais associé à jamais à la saga des étoiles, je l'entends et le vois joué pour la première fois sous mes yeux, là, à quelques mètres. Première vague de chair de poule. Sur le LED s'affiche alors la mythique petite phrase d'ouverture de tous les Star Wars : "A long time ago, in a galaxy far, far away...". Et c'est parti.


J'ai l'impression de passer brutalement en vitesse lumière alors que retentissent les premières mesures du main title de Star Wars. La puissance sonore (pas eu le temps de me renseigner sur le dispositif technique mais parole de noob : il assure grave) laisse percer la clameur et les sifflets émerveillés du public. Le son est parfait, sans la moindre saturation, réglé au volume idéal : du velour. Les images clé de la saga, grandioses et plus étincelantes que jamais, se succèdent alors que les violons s'envolent et nous frappent en plein coeur. Luke, Leia, Vador, Solo, Yoda et les autres défilent en HD dans un synchronisme parfait avec la partition de John Williams, qui a lui-même sélectionné les 18 morceaux du show. Mes défenses s'effritent, le doute et la retenue de l'adulte capitulent face à la déferlante de frissons et l'envie de hurler à tue-tête la mélodie à l'unisson, comme un gosse. Le jeu de lumières est tout simplement sublime, nimbant la scène dans des halos tantôt mauves, dorés, pourpres, orange, bleu cobalt...

A la fin du morceau, Anthony Daniels, monsieur C3PO en personne, entre sur scène, acclamé comme une rock star. Il sera le narrateur de la suite du spectacle, qui revisitera la saga Star Wars à travers plusieurs thématiques (la rébellion, l'Empire, la Force, la romance entre Annakin et Padme...) et personnages (Luke, Yoda, Annakin, Han Solo, Palpatine...). Une relecture très intéressante du mythe, déroulant toute l'épopée Star Wars sur un mode chronologique tout en mélangeant, à l'intérieur de chaque thème, des séquences des six films. Croyez le ou non : ce montage inédit, couplé à la beauté sidérante de la projection en HD, donne un relief nouveau à l'ensemble de la saga, y compris à la nouvelle trilogie que je ne tiens pourtant pas spécialement en haute estime. Même les CGI des épisodes I et II, tellement moches sur les versions au rabais diffusées récemment par M6, prennent ici une nouvelle dimension, comme si ils avaient été retravaillés pour l'occasion. Troublant.


Anthony Daniels se marre : du fond de la salle,
un spectateur vient de lui rendre son bonjour
d'introduction. Complicité totale !



A 64 ans (trois ans de moins que Mick Jagger ^^), Anthony Daniels affiche une forme de jeune homme et, face à un public il est vrai conquis d'avance, va livrer une performance aussi brillante et drôle qu'émouvante. Les producteurs du show ne pouvaient faire meilleur choix que ce britannique au timbre caractéristique, alternant avec maestria et au bon timing, solennité et humour distingué. Sous-titré en Français sur l'écran principal, son texte prend des allures de conte mythologique parfaitement assumé pour mieux lancer les séquences musicales. L'orchestre est tout bonnement sensationnel, enchaînant après le main title d'autres classiques de la saga : "Duel of the fates", "Anakin's Theme", "Battle of the Heroes" ou encore le définitif "The Imperial March (Darth Vader's theme), qui va clore la première partie avant l'intermède. Les lumières se rallument, petits rires amusés dans la salle, lorsque qu'un message vocal nous informe dans un splendide accent québécois que le spectacle va reprendre "sous peu". Je pense soudainement au "c'est votre ultime bafouille" de Gad Elmaleh... mais passons !

A chaque apparition d'une figure clé de la saga,
une vague d'émotion palpable parcourt la salle
.



La seconde partie démarre sur les chapeaux de roue, avec le virevoltant "The Asteroid Field", illustrant l'une des plus formidables séquences de L'Empire contre-attaque. Un faisceau de lasers verts balaie la salle. Le ballet du Faucon Millenium slalomant entre les astéroïdes, couplé aux envolées de John Williams jouées en live, est une expérience sensorielle indescriptible. J'imagine la quantité colossale de travail et de répétitions cachée derrière la performance des musiciens, qui doivent jouer en synchronisation avec les images. Je ne peux m'empêcher de dire tout haut des "ho putain" à intervalle régulier. Et dire que j'ai failli laisser passer ce concert !

L'émotion frappe de nouveau lors du segment consacré à la princesse Leia. Carrie Fisher si belle, je me souviens alors que mon coeur de gosse battait pour Leia ! Plus tard, le ton change radicalement avec le badin et jazzy "Cantina Band" sur les images du bestiaire de Tatooine... Un morceau absolument poilant et entraînant avec sa rythmique de charleston, véritable mouton à cinq pattes dans le répertoire Star Wars. Génial, tout simplement, de l'entendre joué sur scène. Anthony Daniels introduit alors Yoda. La chair de poule me reprend, irrépressible ; la beauté de la musique fait céder mes dernières barrières et ma gorge se serre. Les yeux se plissent pour faire barrage à un début de larmichette. Mais pourquoi donc suis je touché à ce point ? Les images de Yoda, puis d'Alec Guiness en Ben Kenobi, la mélancolie des violons... ce shot massif de sensations liées à mon enfance touche une corde, celle de la nostalgie d'un adulescent saisi par le vertige des 30 ans qui me séparent de la première vision de Star Wars en salles.


La gorge nouée et l'excitation ne me quitteront plus jusqu'à la fin d'un concert qui, c'est incontestable, est le plus bel hommage à la musique de John Williams qu'il m'ait été donné de vivre. Et la force implacable du "Darth Vader's theme" nous sera de surcroit assénée une seconde fois, lors d'un rappel où l'orchestre va littéralement tout donner, laissant la salle dans un état de délire, standing ovation tectonique à l'appui. C'est la fin d'un voyage de deux heures au cours duquel j'ai ri (merci Anthony Daniels et son gag surprise...), exulté et discrètement écrasé une larme, submergé par la magie et la force de ce fabuleux concert. Les lumières se rallument. Sensation typique d'égarement ouaté, sourire niais, envie d'en reprendre pour un tour... Sur le chemin menant vers l'extérieur, nous croisons des enfants hauts comme trois pommes, extatiques, mimant des combats au sabre laser sous les yeux de leurs parents attendris. C'est un vrai beau moment de communion et une satisfaction supplémentaire de se dire que, dans trente ans, le mythe Star Wars sera sûrement toujours intact.

Je suis un peu étonné du peu d'articles chez nous qui ont été consacrés à ce concert. Je n'ai moi même pas à proprement parler livré un article d'infos sur le making of de ce spectacle, à propos duquel il y aurait je pense beaucoup à dire. Je vous invite, pour les anglophones, à jeter un oeil à la featurette ci-dessous détaillant la préparation faramineuse du Star Wars concert.

Les experts mélomanes auront peut-être un avis plus informé que le mien sur la performance de l'orchestre. Les spécialistes du son trouveront peut-être à redire. Les sceptiques coincés dans leur cynisme à la Yann Barthes se moqueront des adultes venus déguisés en Darth Maul ou Obi Wan. A mon niveau, je confirme juste que ce spectacle était une extraordinaire et bouleversante expérience. Il m'a réconcilié à jamais avec la saga, du premier au dernier film. Merci George.

End of transmission...

"Star Wars en concert" : le making of :

Making of Star Wars en concert à Bercy
envoyé par NousProductions. - Regardez la dernière sélection musicale.




Tout à coup, mon objectif surprend une célébrité dans la salle.
Mais oui, c'ets bien lui : Christophe, co-animateur de l'excellllent Zapcast !
(accompagné de sa moitié : Christine).


Ci-dessous : ma petite sélection en vrac de photos prises maladroitement avec mon appareil numérique. C'est pas très pro, mais enjoy quand même !















vendredi 19 février 2010

Wall Street, money never sleeps : Gordon Gekko rules


WALL STREET : MONEY NEVER SLEEPS TRAILER 1



WALL STREET : MONEY NEVER SLEEPS TRAILER 2



Greed is good... Les aminches, je n'irai pas par quatre chemin : le premier trailer de Wall Street 2 a propulsé mon excitation à des cimes olympiennes, mesurées par notre désormais breveté gaulomètre Scuds. Ma simple curiosité vis à vis de cette suite, alimentée par un profond amour du premier Wall Street, vient brutalement de muter en impatience aussi colossale que le braquemart de Goldorak (voir figure 1 - non je blague). Il faut dire que mes tympans délicats ont aussi particulièrement apprécié la musique techno-metal qui illustre ces premières images (quelqu'un sait d'où ça vient ?).

Ces derniers jours, un second trailer, plus long d'une minute et musicalisé par le sempiternel Sympathy for the devil des Stones, m'a cependant un poil ramené à la raison. On voit davantage de Shia Labouf (j'ai la flemme d'aller rechercher sur IMDB l'orthographe surréaliste de ce nom grotesque) et cela m'a rappelé à quel point je déteste le jeu insipide de ce minet plus lisse qu'une toile cirée. On voit d'autres acteurs qui ne m'excitent pas plus que ça, tels Josh Brolin et Carrey Mulligan. On ne VOIT PAS Charlie Sheen, ni son papa Martin, supposés apparaître dans le film. Bref, je reste toujours impatient de découvrir le résultat mais on n'est évidemment pas à l'abris d'une déception

Annoncée depuis début 2007, officiellement confirmée par la 20th Century Fox en octobre 2008, cette séquelle d'un des films les plus emblématiques des années 80 sortira chez nous le 5 mai prochain.

Trois scénaristes - Bryan Burrough, Stephen Schiff et Allan Loeb - se sont successivement attelé à la lourde tâche d'imaginer une suite crédible au magistral thriller boursier réalisé par Oliver Stone en 1987. Stone, un moment déclaré forfait sur ce projet, a fini par rempiler officiellement en avril 2009, en tant que réalisateur et producteur. C'est Michael Douglas lui-même, peut-être en mal de come back fracassant, qui aurait convaincu le cinéaste en lui tendant une version du script revue et corrigée en mars 2009. Commentaire de Stone : "Je l'ai adorée. Ca m'a vraiment accroché. J'avais refusé l'année dernière une précédente version signée d'un autre scénariste, mais c'était avant le crach. Beaucoup d'au a coulé sous les ponts depuis..."



Le pitch de ce nouveau Wall Street : Après vingt ans passés en prison pour délit d'initié, Gordon Gekko est enfin libre et prêt à se refaire de nouveau une place au soleil. En quête de réconciliation avec sa fille, Gekko va s'allier avec son fiancé Jacob (joué par Shia) , un jeune trader qu'il va entraîner dans de nouveaux coups financiers fumants... ou fumeux ? A noter que l'intrigue se situe juste avant le crach de 2008, ce qui devrait conférer au script une ambiance pré-apocalyptique intéressante. L'un des motifs d'action de Gekko serait d'aillleurs de tenter de sauver Wall Street du crach imminent...

Puisque je n'ai pas encore vu le bouzin, je vais me faire plaisir en attendant et replonger dans mes souvenirs de jeunesse. Le premier Wall Street est à mes yeux assurément le meilleur film d'Oliver Stone. Je me souviens l'avoir vu pendant mon année de 1ère, avec mes potes Iannis et Charles, un soir de février 1988 dans un cinéma des Champs-Elysées. Nous en étions ressorti enthousiastes et depuis, j'ai dû revoir ce film une bonne douzaine de fois en vidéo. C'est marrant : il y a des titres comme ça, je ne saurais dire si ils sont ou non des chefs-d'oeuvre mais je ne me lasse jamais de les revoir. Lost in Translation, La Folle journée de Ferris bueller, 48 heures... Mais passons !


A l'affiche de Wall Street version 1988, trois stars : Michael Douglas dans le rôle de l'investisseur cupide Gordon Gekko, Charlie Sheen dans celui du jeune loup de la finance Bud Fox et Daryl Hannah dans celui de Darien, la pute de luxe. Quand Wall Street sortit sur les écrans français, le monde venait de se relever du terrible crach boursier du 19 octobre 1987, le fameux "lundi noir" qui fit plonger les bourses de la planète après plusieurs mois de bulle spéculative effrénée. Contrairement à notre crach de 2008, qui s'est hélas propagé à l'économie réelle et nous fout tous bien dans la merde, celui de 1987 s'était à l'époque cantonné à la sphère financière.

Le sujet du premier Wall Street n'avait rien avoir avec l'effondrement boursier de 1987 puisque son intrigue se déroulait en 1985. A l'époque, auréolé du triomphe de Platoon, Stone affirmait vouloir décrire une "autre guerre que celle du Vietnam", mais tout aussi sale. Une guerre dans laquelle les belligérants portaient col blancs et se massacraient par OPA interposées. Ce monde sans foi ni loi, intégralement régi par la soif de pouvoir et d'argent, nous en découvrions les arcanes par le regard du candide Bud Fox (Charlie Sheen, dans son meilleur rôle à ce jour), courtier débutant obsédé par la réussite du spéculateur Gordon Gekko. Lequel deviendra son mentor, son Méphistophélès... puis son Nemesis.

Wall Street est l'archétype du film efficace interdisant l'ennui. Les cliquetis synthétiques de la musique de Stewart Copeland vous plongent dans la frénésie des séances d'ouverture du NYSE. La caméra, plus prima donna que jamais, virevolte des travées cacophoniques de la grande salle des marchés à celles plus feutrées, mais tout aussi fiévreuses, des sociétés de Bourse. Tout comme il fera en 1999 avec le foot américain dans L'Enfer du dimanche, Oliver Stone parvient dans Wall Street à nous passionner pour son intrigue malgré l'abondance d'un jargon souvent impénétrable pour le profane. La jungle ultra-cinégénique des grattes-ciel de Manhattan a remplacé celle du front vietnamien, mais l'art de la guerre est toujours dans l'objectif de Stone, qui nous embarque avec maestria dans ces joutes d'un autre genre.


A l'exception de Daryl Hannah (et encore, rien de scandaleux), tous les acteurs de Wall Street excellent dans ce film, de l'immense performance de Douglas en Gordon Gekko (un Oscar et un Golden Globe à la clé, chapeau !) à l'arrogance fragile de Charlie Sheen en Bud Fox. Sans oublier une galerie de seconds rôles en or : Martin Sheen en papa Fox (une scène entre son fils et lui, vers la fin du film, vous tire les larmes sans crier gare), John C. Mc Ginley en pote cambiste de Buddy mais aussi les vieux briscards James Karen et Hal Holbrook ainsi que Sean Young, James Spader, Rob Lowe, Terence Stamp (impérial en trader concurrent de Gekko).... un vrai festin !

Thriller boursier autant que tableau de ces eighties du fric, Wall Street ne condamne pas la finance à proprement parler (ce que lui reprocheront moult gauchos, voyant dans le film une ode au libéralisme), mais l'absence de tout code moral des spéculateurs. Des Terminator en Porsche pour qui une plus-value de quelques centaines de millions de dollars vaut bien le vol d'informations confidentielles, la liquidation impitoyable d'entreprises ou la mise en péril de milliers d'emplois. Menant de main de maître l'ascension puis la sévère désillusion de Bud Fox et enfin le piège jouissif qu'il tend finalement à Gekko, Oliver Stone signe avec Wall Street un beau conte moral et humaniste nostalgique des grands idéaux américains.

Une oeuvre qui, par l'ultra-charisme de son grand méchant Gekko, a finit par faire son chemin dans le coeur de la cinéphilie geek. Et dont la triste actualité économico-financière justifie le potentiel intérêt d'une suite. La toute première dans la filmographie d'Oliver Stone dont le papa, au fait, travaillait lui aussi dans la finance. Il nous faudra patienter encore deux mois et demi pour vérifier si le réalisateur a mis une nouvelle fois dans le mille... ou pas !

Wall Street : l'argent ne dort jamais, de Oliver Stone. Sortie France le 5 mai 2010.

End of transmission...







lundi 8 février 2010

Scuds #12 : les gaulomètres de 2010 (Iron Man 2, Tron Legacy, Robin des Bois, Glee, Treme, Napoleon Total War...)



Le voilà, tout pas beau, tout pas propre, tout pas sage, mais c'est comme ça qu'on l'aime : le nouveau Scuds avec une rétro sur les temps forts attendus en 2010 par mes deux acolytes frénétiques et moi-même. On y aborde comme d'hab du ciné, des séries télé, des jeux vidéo et de la nouvelle techno (non, je ne parle pas de la musique).

Enjoy en attendant Scuds #13 !

dimanche 7 février 2010

Movies 2000 ouvre à nouveau ses portes : foncez !

Buenas noches los aminchos...


Quel week-end ! Scuds #12 est enfin disponible sur i tunes et en streaming sur notre blog bien aimé. Mais l'autre temps fort de cette première fin de semaine du mois de février 2010, s'est déroulé quelque part dans le 9e arrondissement parisien., à deux pas de Pigalle.

C'était hier, samedi 6 février, aux alentours de 14h : Movies 2000, la librairie bien connue des cinémaniacs de la capitale, a rouvert ses portes après avoir déposé le bilan fin 2008. Motif de la fermeture à l'époque : la désertion progressive d'une clientèle découragée par une gestion plus en plus désinvolte des horaires par les précédents occupants (dont certains membres de l'équipe de Mad Movies, mais chut on ne balance pas dans JPFM)

Jean-Pierre Putters, créateur de Mad Movies et désormais associé de Fabrice Lambot au sein de la boite de production Metaluna, a finalement entièrement repris l'affaire de cette librairie qui restera toujours liée à Mad Movies, même si le fond de commerce a été repris par Metaluna. Au programme des bonnes résolutions pour 2010 : un meilleur accueil du public, des horaires d'ouverture/fermeture respectés et un toilettage des lieux certes exigus, mais qui ont toujours conservé leur charme vintage chargé d'histoire, depuis l'ouverture en 1979.

"JPP" himself était présent hier, occupé dans le fond de la boutique à classer des affiches et distribuer ses macarons maison (succulents !), tout au long d'un après-midi où se sont pressé des clients ravis de pouvoir à nouveau se plonger dans ce pur bouillon de culture qu'est Movies 2000.


DVD imports, BO inédites (notamment des BO italienne, films de Fulci et autres), tee-shirt, vieux fanzines, magazines anciens et actuels quasi-introuvables en France (Fangoria, Rue Morgue, ...), photos et affiches de films, goodies... On trouve toujours un peu de tout dans cette caverne d'Ali Baba, même si l'achalandage de la librairie paraissait encore un peu maigre en ce jour de réouverture. Laissons le temps à Movies 2000 de remplumer son étal, ce qu'elle ne manquera sûrement pas de faire dans les semaines à venir. Et soyons honnête : l'endroit vaut avant tout pour son côté convivial, surtout avec l'accueil des plus sympathoches réservé par l'ami Philippe (pas moi, un autre...), qui n'hésitera pas à vous renseigner du mieux qu'il pourra avec sa proverbiale amabilité. Surtout si vous venez le saluer de la part de John Plissken !

Et à condition de vaincre votre timidité de geek asocial, un petit pélerinage à Movies 2000, c'est l'assurance de lier conversation avec d'autres passionnés de ciné de genre. Voire, pourquoi pas d'y croiser les rédacteurs de Mad ou des professionnels du cinéma. Voilou, c'était un pitit coup de chapeau à un endroit qui a pas mal compté dans mon adolescence (j'y ai quand même acheté mes affiches de Prince of Darkness, Inferno et un paquet de photos de films, merde !).

Alors pour ceux que ça intéresse, notez bien les infos suivantes :
Movies 2000,
49, rue de La Rochefoucauld, Métro Saint-Georges ou Pigalle.
75009 Paris. Ouverture de 14 h. à 19 h., du mardi au samedi.

End of transmission...

PS : désolé pour cette mise en page de merde, je ne capte toujours rien au système de Blogger lorsque les photos sont centrées à gauche. M'ineeeeeeerve !

dimanche 24 janvier 2010

Les chéris de ces geeks, épisode 7 : James Remar.





Nom : Remar
Prénom : James
Né le : 31 décembre 1953 à Boston, USA.
Haut-faits d'armes geek : Les Guerriers de la nuit ; 48 heures ; Cotton Club ; Drugstore Cowboy ; Dexter.

Voilà typiquement un second couteau qui aura marqué les ados cinéphiles des années 80 (dont votre Plissken d'amür) et dont chaque apparition nous procure d'authentiques réjouissances.

James Remar, je ne risque pas d'oublier mon premier contact avec lui. C'était en 1983, par un beau samedi de printemps, à l'UGC Saint-Charles me semble-t-il (remplacé depuis belle lurette par une boutique de bricolage. Misère...). En plein après-midi, j'avais été voir avec un pote 48 heures, classique du buddy movie signé par un Walter Hill alors en grande forme. J'étais sorti de la projection totalement surexcité. En vrac : le générique du début signé James Horner, ces détenus cassant des cailloux à l'air libre dans la fournaise californienne encadrés par des matons badass, la scène d'évasion sanglante ouvrant le film, un duo inoubliable entre Nick Nolte et Eddie Murphy, une ambiance urbaine hard-boiled... et James Remar.

C'est dans 48 heures que j'ai imprimé son nom, son visage et sa voix rauque enfiévrée pour la première fois. J'avais douze ans. Il incarnait le truand Albert Ganz, un allumé de la gâchette qui, au début du film, fausse violemment compagnie à ses geôliers avec l'aide de l'Indien géant Billy Bear (joué par le colosse Sonny Landham, autre Chéri de ces geeks revu plus tard en mercenaire superstitieux dans Predator). Dés cette première scène, une évidence émerge du fracas des riot guns : Ganz est un fou furieux. "Le genre de mec qui prend davantage son pied à flinguer du flic qu'à baiser" balance à son sujet une pute interrogée au commissariat.
Lueur de fauve déchaîné dans le regard, cheveux gras et morale de chacal (sans parler de l'haleine) : dans 48 heures, Ganz est un bad guy meurtrier certes sans nuance mais on s'en fout, parce qu'on y croit dur comme fer. On est dans un putain de polar sans fioriture, pas dans Le Petit lieutenant. A l'époque, James Remar, la trentaine, se pointait sur le plateau du film sans avoir fermé l'oeil de la nuit, histoire de bien suinter le psychopathe déphasé. Mission accomplie : le bijou de Walter Hill révéla au grand public un acteur doué pour les ordures.





Si je l'ai découvert dans 48 heures, James Remar avait tout de même déjà fait parler de lui quelques années plus tôt. Et là encore dans la peau d'un mauvais garçon. Walter Hill, béni soit ce saint-homme, lui avait déjà confié un rôle très remarqué en 1979 dans Les Guerriers de la nuit (on se prosterne, merci), a.k.a The Warriors en V.O, film culte parmi les films cultes. A l'écran, Remar faisait partie de la bande des Warriors et son personnage, Ajax, sortait clairement du lot, volant presque la vedette au Swan incarné par le falot Michael Beck. Musculeux, frimeur, bagarreur et particulièrement chaud lapin, il finissait menotté à un banc par une fliquette en planque draguée dans un parc. Ajax, nom inspiré du fameux guerrier de la mythologie grecque, suscita chez les fans du film une fascination particulière imputable au charisme crâneur de James Remar.
C'est également en 1979 que Remar se fit remarquer, à Broadway cette fois, en incarnant dans la pièce dramatique Bent un nazi gay face à Richard Gere. Une performance suffisant à elle seule à prouver la variété de la palette de jeu de ce puissant comédien, aussi doué pour les brutes létales que pour les caractères plus nuancés. On notera également dans sa dégaine un zeste de métrosexualité particulièrement palpable dans Les Guerriers de la nuit et le Cruising de Friedkin, où il joue encore un gay.






Mais revenons aux glorieuses eighties... Après avoir pris l'uppercut Remar en pleine face dans 48 heures, votre petit Plissken en reprend une dose dans Cotton Club en 1984. Le chef-d'oeuvre jazzy de Coppola compte, dans son casting cinq étoiles, Remar dans un nouveau rôle de cintré sanguinaire : celui du mafieux juif new-yorkais Dutch Schultz, gangster ayant par ailleurs réellement existé pendant la Prohibition. Déjà plus nuancé que Ganz dans 48 heures, ce dingo-là reste sujet aux mêmes explosions de violence. Facilement contrarié, Schultz est capable de saisir sans prévenir n'importe quel objet contondant pour occire fiévreusement son interlocuteur (et tant pis si ça tâche). Remar en fait cependant une brute attachante par son humour et une certaine vulnérabilité, chien fou en mal de respect dont l'absence de discernement entraînera irrémédiablement la chute. Un très beau second rôle qui fait d'autant plus fantasmer sur le Caporal Hicks qu'aurait pu incarner Remar dans Aliens si James Cameron ne l'avait pas viré en plein tournage au profit de Michael Biehn.

La carrière de James Remar est typique d'un chéri de ces geeks : entre quelques perles étincelantes, de somptueux nanars fleurant bon la bouse exquise (Wedlock, 2 fast 2 furious, Mortal Kombat destruction finale, Le Grand Tournoi, Hellraiser 5, Blade Trinity...) mais aussi une palanquée de guest starring en télé. De Hill Street Blues à BSG en passant par Miami Vice, Jericho, X-Files, Eli Stone, The Unit ou Esprits criminels, impossible de toutes les citer. Une fois dans sa vie, Remar eut l'opportunité de se voir propulsé en haut de l'affiche dans une série télé : c'est Steven Bochco et David Milch en personne (les créateurs de NYPD Blue) qui lui offrirent cette chance, en 1997, dans la méconnue Total Security. Une comédie policière où l'intéressé incarnait pour une fois un gentil, l'ombrageux Frank Cisco, patron d'une agence de détectives privés high tech. Diffusée sur ABC (et chez nous sur Série Club en 1998), Total Security fut hélas retirée de l'antenne au bout de six épisodes (13 furent produits), un très grave revers pour Bochco et une opportunité ratée pour Remar.

Cela n'empêcha pas l'infortuné de continuer à travailler régulièrement et de marquer de son timbre éraillé d'autres séries télé, dans des registres fort éloignés de ses débuts mais toujours aussi charismatiques. Amant milliardaire de Kim Catrall dans Sex and the city, poulet dans New York 911 et... surtout papa adoptif du plus célèbre tueur en série du petit écran dans Dexter. Emacié, ombrageux, James Remar campe son Harry Morgan en brillant équilibriste sur le fil ténu qui sépare le héros du monstre. Héros parce que ce flic défunt, dévoilé un peu plus à chaque saison via les flashes back mémoriels de Dexter Morgan, a pris sous son aile ce dernier après l'horrible massacre de sa mère par des narco-trafiquants. Monstre parce qu'au lieu d'essayer de soigner Dexter lorsque celui-ci dévoile ses premières pulsions assassines, il préfère encourager le mal en se contentant de l'encadrer par un sordide code moral : tu ne tueras point, mon fils... hormis les meurtriers et violeurs d'enfants !


A 56 ans, on peut dire que l'ami James vieillit plutôt bien et le succès de Dexter aura incontestablement reboosté l'intérêt de sa carrière. Je lis sur IMDB que notre homme pourrait figurer au générique du prochain film de... Walter Hill, "Saint Vincent" ! Un thriller ,comme son nom ne l'indique pas, avec Mickey Rourke, Ray Winstone et Forest Whitaker. Pas dégueu le casting ! Je n'ose croire à une réussite (l'est plus tout jeune ni alerte, le Walter...). Mais le simple fait de savoir que Remar et Hill tourneront ensemble pour la troisième fois, après Les Guerriers de la nuit et 48 heures, suffit à mon bonheur de vieux geek nostalgique des coups de flingues déchaînés d'Albert Ganz. Let the magic rolls and don't stop believin'...


End of transmission...



mercredi 13 janvier 2010

Séries télé : la guerre des villes fait rage (roaarrrr) !


Hola camarades syndiqués..


Ce soir j'expérimente et je préfère être transparent sur la question : voilà un sujet initialement paru dans le magazine qui m'emploie, mais la version que vous allez lire sur ce blog en est sensiblement éloignée. Il s'agit d'une première version qui avait été jugée un peu trop "pointue" par mes boss et que j'avais dû revoir en faveur d'une approche plus... grand pubic. No comment, je me plie à la logique de mon support, c'est la règle :-)

En revanche, je trouvais dommage de laisser moisir au placard cette version initiale, qui a largement ma préférence et lève modestement un petit coin de voile sur les vraies raisons derrière les choix de telle ou telle ville américaine pour le tournage d'une série télé. Bref, un petit article pas trop long et qui ne mange pas de pain, vous me posterez à l'occasion votre opinion !

Bon et sinon, je dis ça juste en passant, mais le tournage de Tonight on Mars épisode 1, c'est ce samedi.

Allez Simone, en voiture et fais péter le papier !


Fringe : saison 1 tournée sur la côte Est.

Saison 2 tournée à Vancouver. Ben pourqwô ?


Pitch : En temps de crise, les tournages s’avèrent un atout économique convoité plus que jamais par les cités américaines. Entre Los Angeles, New York, Chicago et d’autres, la concurrence ne fait pas de quartier...


Février 2009. Au grand désespoir des autorités culturelles new yorkaises, le studio Warner annonce que sa série Fringe ne se tournera plus dans les environs de Big Apple à partir de sa saison 2. Destination : Vancouver, où les petits génies des décors et de la post-production de Fringe sont désormais chargés de faire passer les paysages et la lumière de la côte Ouest canadienne pour le Massachussets (l’action se déroule à Boston). La raison de ce déménagement brutal ? La suppression inattendue un mois plus tôt, pour cause de fonds épuisés, d’une subvention fédérale d’aide aux tournages mise en place en 2008 par l’Etat de New York. Lequel fut rapidement dépassé par l’afflux massif de productions, alléchées par l’annonce de ce programme d’aide de 515 millions de dollars, étalés jusqu’en 2013 mais quasi intégralement dilapidés début 2009.

Commentant la relocalisation de Fringe à Vancouver, Warner qualifie la décision de « très difficile à prendre, mais dictée par des impératifs économiques ». Depuis deux ans, l’interminable crise qui plombe aussi bien les finances hollywoodiennes que les fonds publics a rendu encore plus crucial le choix du lieu de production dans le business plan d’une série télé. Et la supprématie traditionnelle de Los Angeles, paradoxalement avare en subventions, se voit sévèrement concurrencée. Selon les villes, certains crédits d’impôts atteignent actuellement de 25% à 40% du budget global de tournage d’une saison. Les studios s’aventurent ainsi de plus en plus souvent hors du sanctuaire californien pour profiter de cet argent frais débloqué aux quatre coins des Etats-Unis ou au Canada (baptisé « North Hollywood » dans la profession). Selon le magazine Variety, sur 39 nouvelles séries proposées en septembre par les cinq grands networks américains, 20 d’entre elles sont tournées ailleurs qu’en Californie. Seul Jerry Bruckheimer affiche un soutien sans faille à son Etat fétiche (voir plus bas).


En haut : Ugly Betty. Saison 1 tournée à Los Angeles. Saisons 2 et 3 tournées à New York.

Burn notice : série entièrement tournée à Miami. Ben pourqwô ?


Pour les Etats hôtes, les tournages sont une manne financière colossale : un rapport publié en avril 2009 par la Motion picture Association of America (MPAA) rappelle qu’en 2007, les dépenses de l’industrie du cinéma et de la télévision ont rapporté conjointement 16,3 milliards de dollars dans les caisses de la Californie (leader sur le marché), tandis que son challenger New York en a récolté 7,4 milliards. Par l’odeur des retombées économiques alléchées, Miami, Albuquerque, Atlanta, Chicago ou encore Baton Rouge et leurs Etats respectifs se plient en quatre pour attirer eux aussi un maximum de tournages. Entre eux, la concurrence est impitoyable. En 2006, au bout d’une saison, Fox extradait sans état d’âme Prison Break de Chicago (choisie pour raisons fiscales), direction Dallas.

La raison ? Un nouveau programme plus attractif d’incitations à la production voté la même année par le Texas (22 millions de dollars sur deux ans). En échange des largesses texannes, Prison Break aura fait travailler pendant deux ans un millier d’intermittents et alimenté les commerces locaux, avant de finalement revenir en Californie pour sa 4e et ultime saison.

Car l’emploi est évidemment l’autre partie cruciale de l’équation. Lorsqu’à l’été 2008, Disney annonce que la saison 2 de Ugly Betty sera filmée à New York au détriment de Los Angeles, plus de 300 intermittents subitement au chômage achètent une page dans Variety pour supplier le gouverneur Schwarzenegger d’agir pour stopper l’hémorragie de tournages en dehors de la cité des anges. Message entendu : une loi signée par Schwarzie en février dernier débloquera 100 millions de dollars par an de crédit d’impôt sur cinq ans pour toutes nouvelles séries ou films tournés sur le sol californien.

L’emploi mais aussi le soutien de son marché immobilier ont par ailleurs convaincu la ville de Miami de renoncer à augmenter cette année le loyer de 20 000 dollars par mois demandé aux producteurs de Burn Notice pour y planter leurs caméras dans un centre d’exposition désaffecté. Il serait dommage de faire fuir la seule série actuellement tournée sur son sol (Les Experts Miami et Dexter sont filmées à L.A). Le cadre de nos séries chéries dépend donc définitivement de petits arrangements fiscaux plus que d’exigences créatives. Quelle cruelle désillusion !


... Et Jerry Bruckheimer dans tout ça ?

Sacré Jerry Bruckheimer. Sa nouvelle série The Forgotten (ABC), avec Christian Slater, se déroule à Chicago… mais se filme à Los Angeles. Même le crédit d’impôt de 30% offert par l’Illinois n’a pas entamé la préférence de Bruckheimer pour la Californie. Basé à Santa Monica, le producteur des trois Experts et de Cold Case fait tourner ces dernières dans les environs alors qu’elles se passent théoriquement à Las Vegas, Miami, Manhattan et Philadelphie (pour Cold Case). « C’est de plus en plus difficile économiquement, car les studios nous serrent la ceinture sur tous les postes » explique-t-il. « Mais je préfère tourner ici : on a de super équipes avec qui nous aimons bosser ». Un pur artisan, ce Jerry !


End of transmission...